Prime de fidélisation, renforts d’effectifs, rénovation d’hôpitaux et de commissariats… Le programme se décline en cinq axes, avec un accent mis sur l’attractivité des postes pour les fonctionnaires.

Par Publié aujourd’hui à 06h12, mis à jour à 06h20

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Le premier ministre, Edouard Philippe, à l’Elysée à Paris, le 30 octobre.

C’est un « plan d’action » très attendu. Un an et demi après la parution d’un rapport parlementaire pointant la « faillite » de l’Etat en Seine-Saint-Denis, le chef du gouvernement Edouard Philippe annonce, jeudi, à la préfecture de Bobigny, une batterie de vingt-trois mesures destinées à « accompagner et reconquérir » le département pendant les dix prochaines années.

A ses côtés, pas moins de cinq ministres : ceux de l’éducation nationale, de l’intérieur (et son secrétaire d’Etat), de la ville et du logement, de la justice, de la santé.

Prime de fidélisation, renforts d’effectifs, rénovation d’hôpitaux et de commissariats… Le plan se décline en cinq axes, avec un accent porté sur l’attractivité des postes pour les fonctionnaires.

« Cette démarche montre que le gouvernement a pris conscience de la rupture d’égalité républicaine en Seine-Saint-Denis », se félicite François Cornut-Gentille, député (Les Républicains) de la Haute-Marne, co-auteur du rapport d’évaluation de l’action publique dans le département avec son collègue (La République en marche) de Seine-et-Marne Rodrigue Kokouendo.

« Difficultés massives et systémiques »

Dans un document de soixante-dix pages qui avait « mis en alerte le gouvernement », dit-on à Matignon, les deux élus avaient dressé le portrait d’une « République en échec », dénoncé un Etat à la fois « inégalitaire et inadapté » et balayé le fantasme d’un ruissellement permanent d’argent public dans les quartiers populaires.

Dans ce département situé aux portes de Paris qui va accueillir trente et une stations du Grand Paris Express et les Jeux olympiques de 2024, il y a moins de policiers, moins d’enseignants, de greffiers, de magistrats, de médecins scolaires. Mais aussi plus de rotation des personnels – un agent du ministère de l’intérieur reste en moyenne 2,7 années en Seine-Saint-Denis contre 7 ans dans l’Essonne par exemple –, plus de jeunes fonctionnaires sortis d’école, plus de logements insalubres, plus de postes non pourvus et d’absentéisme – dû à la difficulté des missions.

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C’est pour endiguer ces « difficultés massives et systémiques » que le premier ministre a décidé de prendre en main le dossier, il y a un an, et de demander au préfet du département de constituer cinq groupes de travail composés d’élus et d’acteurs de terrain afin de lui soumettre des propositions.

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