Le dernier rescapé d’Oradour-sur-Glane «outré» par les tags négationnistes – Le Parisien

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Dans le village d’Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, où 642 personnes ont été massacrées le 10 juin 1944, des inscriptions négationnistes, découvertes sur le centre de la mémoire vendredi, ont suscité la consternation, y compris au plus haut sommet de l’Etat. Emmanuel Macron a assuré que tout serait fait pour retrouver l’auteur de ces tags ayant barré le mot « martyr » pour le remplacer par « menteur », avant d’ajouter le nom d’un négationniste.

Robert Hébras, le dernier rescapé du massacre perpétré par la division SS Das Reich, se dit « outré ». Fatigué par le poids de l’âge – il a 95 ans —, Robert Hébras a perdu ce jour-là ses sœurs et sa mère. Il confie être usé par la capacité des négationnistes à continuer leur travail de sape, sans relâche. « C’est pour moi une blessure ouverte. J’ai voulu transmettre la mémoire d’Oradour durant toutes ces années, mais on l’oublie, comme ailleurs. Rappelons-nous que des enfants et des femmes ont disparu de manière atroce dans cette église [NDLR : les SS y avaient rassemblé femmes et enfants avant de mettre le feu]. Quand je rentre à l’intérieur, je me demande à chaque fois où étaient ma mère et mes sœurs. J’ai souhaité toute ma vie qu’elles soient parties le plus tôt possible… »

Toute la classe politique a rapidement condamné ces actes. Mais pour Robert Hébras, l’indignation unanime doit durer dans le temps. « Certains pensent en Europe que la Seconde Guerre mondiale est loin derrière nous, qu’il ne faut plus en parler. Je crains que l’on évoque Oradour durant 48 heures avant que l’on oublie », témoigne le nonagénaire, inlassable témoin de l’Histoire. « Ce qui me choque, c’est que l’on ne prenne pas conscience que des enfants et des femmes ont disparu. Le plus jeune avait une semaine, la plus âgée 90 ans. »

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