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Le coronavirus menace-t-il les chances de réélection de Donald Trump ? – 20 Minutes

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Donald Trump a fait le point sur le coronavirus dans une allocution télévisée le 11 mars 2020. — Rex/Sipa
  • Donald Trump a déclaré l’état d’urgence, vendredi, mais les démocrates l’accusent d’avoir tardé à réagir.
  • Les Etats-Unis ont notamment fait face à une pénurie des tests de dépistages.
  • Et après le plongeon de Wall Street, Donald Trump fait face à la menace d’une récession qui pourrait plomber ses chances en novembre.

Il a survécu à l’enquête du FBI, à Robert Mueller et à l’impeachment. Mais à huit mois de la présidentielle, Donald Trump fait face à un adversaire imprévu : le coronavirus. Alors que la planète tourne au ralentit et que les Bourses mondiales tanguent, la pandémie, qui avait relativement épargné les Etats-Unis, prend de l’ampleur, avec plus de 1.700 cas confirmés et 41 victimes. Et s’il a déclaré l’état d’urgence, vendredi, Donald Trump est accusé par les démocrates et des experts sanitaires d’avoir minimisé la crise et tardé à réagir. Mais plus que tout, c’est la menace d’une récession qui pourrait peser sur le scrutin de novembre.

Pénurie des dépistages

Donald Trump l’a assuré lors de son allocution télévisée, mercredi : « N’importe qui peut être testé. » Il a aussitôt été contredit devant le Congrès par l’immunologiste Anthony Fauci, qui a dénoncé « les ratés » du CDC (Centre pour le contrôle des maladies), qui était au début le seul habilité à effectuer les dépistages. Moins de 8.000 Américains avaient été testés au 11 mars pour plus de 300 millions d’habitants, un taux quinze fois plus bas qu’au Royaume-Uni et 150 fois inférieur à celui de la Corée du Sud. « L’échec de l’administration vis-à-vis des tests est colossal. C’est un échec dans la préparation, la direction et la mise en œuvre », a attaqué Joe Biden jeudi.

Task force de la Maison Blanche démantelée

Après un retard à l’allumage, la situation est en train de s’améliorer (on était à 16.000 dépistages vendredi soir). Et Donald Trump a promis 500.000 tests disponibles d’ici une semaine grâce à un partenariat avec le privé. Le laboratoire Roche finalise un protocole rapide, qui sera disponible dans des pharmacies accessibles en « drive-in », comme en Corée. Et Google prépare un site Internet de triage qui permettra d’entrer ses symptômes et d’être aiguillé vers le laboratoire le plus proche.

« C’est très bien, mais ils auraient dû implémenter tout ça en janvier », a réagi sur CNN Beth Cameron, qui avait dirigé la Taskforce « pandémie » du Conseil à la sécurité nationale qu’Obama avait mise en place lors de l’épidémie d’Ebola. Une unité spéciale que l’administration Trump a fermée en 2018. Interrogé par un journaliste vendredi, le président américain a refusé d’endosser la responsabilité de cette décision, répondant, agacé : « Je ne l’ai pas prise. On a une équipe, je pourrais demander à mon administration. On limoge parfois des gens, ça arrive. »

Selon un sondage de l’université Quinnipiac (réalisé avant les annonces de Trump), 43 % des Américains sont satisfaits par la gestion du président américain, et 49 % ne sont pas convaincus.

Menace de récession

Aux Etats-Unis les chances de réélection d’un président sortant sont en général une fonction de la santé de l’économie et de sa popularité. L’été dernier, Donald Trump était le favori, selon le modèle de l’économiste Mark Zandi, analyste chez Moody’s. Il y a encore un mois, le locataire de la Maison Blanche pouvait s’appuyer sur une croissance solide, un chômage au plus bas, et claironner sur Twitter à chaque record de Wall Street. Sauf qu’en trois semaines, le coronavirus a presque effacé trois ans de hausse. Le S & P 500 (l’indice qui rassemble les 500 plus grandes entreprises de la Bourse américaine) s’est effondré de 30 % depuis la Saint-Valentin. Et la hausse depuis l’investiture de Donald Trump, qui avait atteint 50 %, n’était vendredi que de 15 %.

« On mouline encore les chiffres, mais selon une analyse préliminaire, si le S & P 500 reste au niveau actuel (2.700 points), vu nos attentes d’une baisse de la croissance et d’une hausse du chômage à cause du coronavirus, un démocrate s’imposerait face à Trump si sa popularité ne change pas d’ici novembre », indique Mark Zandi à 20 Minutes.

Et c’est sans prendre en compte une récession que la banque JPMorgan attend désormais en juillet en Europe et aux Etats-Unis.

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