Le chômage en baisse de 1,3 % au deuxième trimestre – Le Monde

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Le nombre de chômeurs a enregistré une baisse significative de 1,3 % au deuxième trimestre en France (hors Mayotte), soit 50 600 inscrits en moins, selon les chiffres du ministère du travail publiés mardi 27 juillet. Au total, ce sont 3,75 millions de personnes qui sont actuellement sans emploi (relevant de la catégorie A du chômage).

En incluant l’activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse de 0,5 %, s’établissant à 5,98 millions de personnes. Il repasse ainsi sous le seuil des 6 millions, selon la direction des statistiques (Dares).

« On voit bien qu’on est dans une dynamique plutôt favorable » même si « on n’a pas retrouvé le niveau d’emploi d’avant-crise », note Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

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Sur un an, la baisse en catégorie A est de 14,8 %, mais le nombre de demandeurs d’emploi dans cette catégorie reste supérieur de 200 800 au niveau qu’il affichait avant la crise sanitaire, lors du quatrième trimestre 2019. Sur le seul mois de juin, la catégorie A baisse de 2 % (– 73 300 demandeurs d’emploi). Au deuxième trimestre, la baisse en catégorie A est plus forte chez les jeunes (2,1 % chez les moins de 25 ans) que chez les seniors (0,3 %).

Les catégories B et C enregistrent une progression du nombre d’inscrits d’environ 22 000 personnes, soit 1 % de plus sur le trimestre.

« Pic » d’embauches

Sur le front du chômage longue durée, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis un an ou plus diminue de 1 % dans les catégories A, B et C. Les demandeurs d’emploi de longue durée représentent désormais 50,6 % des inscrits, le seuil des 50 % ayant été franchi en janvier. Les derniers résultats trimestriels, publiés fin avril, avaient fait état d’une légère baisse du chômage au premier trimestre (– 0,4 %).

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Sous l’effet du Covid-19, l’année 2020 aura pour sa part été marquée par une hausse du nombre de chômeurs de 7,5 %, avec 265 400 inscrits supplémentaires au quatrième trimestre de 2020 par rapport au quatrième trimestre de 2019.

Les chiffres du deuxième trimestre viennent confirmer d’autres indicateurs favorables publiés récemment. Le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) a notamment progressé de 16,9 % au deuxième trimestre, atteignant un « pic historique », avec plus de 2,2 millions d’embauches, selon l’Urssaf Caisse nationale (anciennement Acoss).

Un marché du travail sous la menace du variant Delta

Les aides mises en place par l’Etat (activité partielle, prêts garantis par l’Etat, fonds de solidarité ou encore exonération ou report de cotisations sociales) ont permis de contenir le chômage depuis le début de la crise. Mais après plus d’un an d’épidémie, le « quoi qu’il en coûte » réduit sa voilure progressivement. Depuis le 1er juillet, la prise en charge de l’activité partielle a notamment diminué : les salariés (hors secteurs les plus touchés) perçoivent une indemnité de 60 % de la rémunération antérieure brute contre 70 % jusque-là.

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« Les niveaux d’activité sont compris entre 4 et 5 % en dessous des niveaux pré-Covid, ce qui est quand même très bas, et malgré tout le marché du travail résiste, donc ça veut dire qu’il y a encore pas mal de personnes en activité partielle », souligne M. Plane, pour qui ce sera un des « défis » de la suite. « Tout cela est quand même extrêmement lié à l’évolution de la situation sanitaire » et le variant Delta du SARS-CoV-2 « rebat les cartes », poursuit-il.

Les nouvelles mesures comme le passe sanitaire « peuvent jouer sur l’activité » à la baisse et il y a aussi un « effet psychologique » qui peut avoir un impact négatif, alors qu’au printemps, « il y avait une espèce d’engouement économique », estime aussi l’économiste.

Le Monde avec AFP

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