Le budget 2022 dévoilé ce mercredi, l’opposition fustige l’envol des dépenses – Le Figaro

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Le gouvernement doit présenter un projet de budget, qui, à sept mois de l’élection présidentielle, est déjà attaqué par la gauche comme la droite.

Les dépenses de l’État qui s’envolent malgré la fin affichée du «quoi qu’il en coûte». Le gouvernement dévoile mercredi 22 septembre son projet de budget pour 2022, qui fait déjà grincer des dents l’opposition à sept mois de l’élection présidentielle.

Ce n’est pas une surprise, le dernier budget d’un quinquennat n’est jamais le plus ambitieux sur la maîtrise des dépenses, alors qu’il est traditionnellement amendé après les élections présidentielles et législatives. Le projet de loi de finances 2022, que le gouvernement présente mercredi en conseil des ministres, ne fait pas exception à la règle, même si le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a défendu la «responsabilité» et le «sérieux» financier de l’exécutif. Pas question de se voir accuser d’«insincérité» comme le gouvernement Valls pour le dernier budget du quinquennat de François Hollande. Mais il est peu probable que le Haut conseil des finances publiques, qui doit rendre public mercredi matin son avis sur ce texte, donne son blanc-seing sans tousser.

Ce dernier budget du quinquennat d’Emmanuel Macron prévoit en effet un coquet gonflement de l’enveloppe allouée aux ministères. En juillet, Bruno Le Maire avait avancé le chiffre de près de 11 milliards d’euros supplémentaires. Sauf que depuis, les annonces de dépenses pleuvent, de la part d’Emmanuel Macron ou de son premier ministre (plan pour les indépendants, coup de pouce à MaPrimeRénov, Beauvau de la sécurité, transports publics, etc), dont certaines ne sont pas encore prises en compte dans ces 11 milliards d’euros. On attend toujours en particulier deux gros morceaux: le plan d’investissement, de l’ordre de 30 milliards d’euros sur plusieurs années, pour financer l’innovation et les filières d’avenir, et le revenu d’engagement pour les jeunes, dernière grande mesure sociale du quinquennat, qui pourrait avoisiner les 2 milliards d’euros par an, selon le ministère du Travail.

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Macron «crame la caisse»

In fine, on devrait atterrir plutôt «autour de 16 ou 17 milliards d’euros» de dépenses supplémentaires, estime le député LREM Laurent Saint-Martin, rapporteur général du Budget à l’Assemblée. Une hausse très importante, mais pour «des dépenses d’investissement», défend-il, écartant tout «dérapage». «Ce n’est pas open bar», veut aussi rassurer le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, défendant un «retour à la normale» tout en tenant les «engagements» pris par le président de la République sur la justice, l’armée, l’éducation ou la recherche.

Bercy promet de consacrer à la réduction du déficit une partie des meilleures recettes attendues grâce à une croissance dynamique cette année (+6%, puis +4% en 2022 selon le gouvernement). Mais sans surprise, le gouvernement n’a annoncé à ce stade aucune mesure d’économie. Le déficit devrait ainsi être ramené de 8,4% du PIB cette année à 4,8% l’an prochain, pour une dette qui atteindrait encore un niveau record de 114% du PIB en 2022, après 116% en 2021. «2022 n’est toujours pas un budget normal, ni même de normalisation au regard de toutes les dépenses nouvelles qui s’annoncent, même si elles peuvent être justifiées sur le plan économique», estime Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas. «La question c’est: quel sera le financement en face?»

À droite, on attaque déjà une «euphorie dépensière» à sept mois de l’élection présidentielle, selon les mots d’Eric Woerth, le président LR de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, dans les colonnes du Figaro. Xavier Bertrand a lui aussi fustigé dimanche une attitude «absolument irresponsable», quand Valérie Pécresse répète à l’envi qu’Emmanuel Macron «crame la caisse». À gauche, le député LFI Alexis Corbière dénonce «un président en campagne avec des moyens publics». «L’exécutif se trouve confronté à une difficulté: depuis près de deux ans, la politique a été celle du quoi qu’il en coûte. C’est très difficile d’en sortir, de dire qu’il faut limiter les dépenses publiques. Et c’est d’autant plus compliqué que l’élection (présidentielle) approche», analyse Charlotte de Montpellier, économiste à la banque ING.

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