Le bitcoin comme monnaie nationale ? Une mauvaise idée, selon le FMI

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Le bitcoin comme monnaie nationale ? Une mauvaise idée, selon le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde les pays qui prévoient d’utiliser des cryptomonnaies comme le bitcoin comme monnaie nationale. Le billet de blog du FMI, publié lundi, ne cite aucun pays ou région, mais de nombreux pays, dont la Chine, le Japon, les États-Unis, l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni, ont étudié diverses mises en œuvre de monnaies numériques émises par leurs banques centrales respectives.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce mois-ci le lancement d’un chantier pour préparer un euro numérique, une monnaie numérique souveraine émise par la BCE qui compléterait les espèces et soutiendrait les paiements numériques à la lumière des changements intervenus dans les transactions depuis la pandémie. En juin, le Salvador avait déjà fait les gros titres en devenant le premier pays à donner cours légal au bitcoin, comme cela a été largement rapporté. 

Dans un post de blog, Tobias Adrian, conseiller financier et directeur du département monétaire et des marchés de capitaux du FMI, et Rhoda Weeks-Brown, conseillère générale et directrice du département juridique du FMI, mettent pourtant en garde les autres pays contre une initiative similaire. L’un des principaux problèmes qui se pose selon ces derniers repose dans la volatilité du prix du bitcoin. Une opinion qui rejoint celle du directeur de la communication du FMI, Jerry Rice. Ce dernier avait déclaré en juin dernier que “l’adoption par le pays du bitcoin comme monnaie légale soulève un certain nombre de questions macroéconomiques, financières et juridiques qui nécessitent une analyse très attentive”.

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Des avantages dangereux

Si Adrian et Weeks-Brown reconnaissent les avantages des monnaies numériques souveraines pour accélérer les paiements, l’inclusion financière et les transferts transfrontaliers, ils s’offusquent que les pays prennent un “raccourci” pour activer les monnaies numériques. “Cela nécessite des investissements importants ainsi que des choix politiques difficiles, tels que la clarification du rôle des secteurs public et privé dans la fourniture et la réglementation des formes numériques de monnaie”, écrivent-ils.

“Certains pays peuvent être tentés par un raccourci : adopter les cryptomonnaies comme monnaies nationales. Beaucoup d’entre eux sont en effet sécurisés, faciles d’accès et bon marché pour les transactions. Nous pensons toutefois que, dans la plupart des cas, les risques et les coûts l’emportent sur les avantages potentiels.” La principale préoccupation est que la valeur des crypto-monnaies comme le bitcoin peut être “extrêmement volatile”. Ce dernier a ainsi culminé en avril à 65 000 dollars avant de s’effondrer.

Si le bitcoin survit grâce aux particuliers et aux investisseurs prêts à parier sur sa valeur future, les risques pour la nation et sa banque centrale de l’utiliser comme monnaie légale sont différents. “Les cryptomonnaies sont donc fondamentalement différentes des autres types de monnaie numérique”, écrivent les auteurs du blog.

Risques réels

Et d’exposer les risques pour les nations qui envisagent d’adopter le bitcoin et d’autres cryptomonnaies comme monnaie légale. “Les cryptomonnaies ont peu de chances de s’imposer dans les pays où l’inflation et les taux de change sont stables, et où les institutions sont crédibles. Les ménages et les entreprises seraient très peu incités à fixer un prix ou à épargner dans une cryptomonnaie parallèle telle que le bitcoin, même si elle avait cours légal ou statut de monnaie. Leur valeur est tout simplement trop volatile et sans rapport avec l’économie réelle.”

“Si une cryptomonnaie se voyait accorder le statut de monnaie légale, elle devrait être acceptée par les créanciers en paiement des obligations monétaires, y compris les taxes, de manière similaire aux billets et aux pièces (monnaie) émis par la banque centrale.” “Les pays peuvent même aller plus loin en adoptant des lois pour encourager l’utilisation des cryptoactifs comme monnaie nationale, c’est-à-dire comme unité monétaire officielle (dans laquelle les obligations monétaires peuvent être exprimées), et comme moyen de paiement obligatoire pour les achats quotidiens.”

Le plus grand risque de “l’adoption généralisée d’une cryptomonnaie telle que le bitcoin concerne la stabilité macroéconomique”, notent-ils. Par exemple, les leviers les plus puissants des banques centrales – la fixation des taux d’intérêt et le contrôle de la masse monétaire – ” perdraient de leur mordant “, de la même manière que lorsqu’un pays adopte une monnaie étrangère comme le dollar américain comme la sienne.  Le pays “importe” alors la crédibilité de la politique monétaire étrangère et espère aligner son économie – et ses taux d’intérêt – sur le cycle économique étranger. Ni l’un ni l’autre ne sont possibles dans le cas d’une adoption généralisée des cryptomonnaies.”

Source : ZDNet.com

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