L’Anssi lance un observatoire des métiers de la cybersécurité

L’Anssi lance un observatoire des métiers de la cybersécurité

La cybersécurité a du mal à recruter et l’Anssi aimerait y voir plus clair. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information a donné hier le coup d’envoi de son observatoire des métiers de la cybersécurité, et publie une étude réalisée en partenariat avec l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes et la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle du ministère du Travail.

L’étude a porté sur à la fois sur le marché du travail, à partir d’une étude portant sur les offres d’emploi en ligne du secteur de la cybersécurité, mais aussi sur les personnes travaillant dans le secteur de la cybersécurité. Un peu plus de 2300 professionnels ont ainsi répondu aux questions posées via un formulaire en ligne.

Les premières conclusions de l’observatoire remettent en lumière certaines caractéristiques des métiers de la cybersécurité, notamment le manque criant de parité dans le secteur : environ 90 % des professionnels interrogés sont des hommes, et les employés en activité sont principalement basés en île de France, qui concentre 53 % des sondés.

L’étude montre également que la majorité des gens travaillant dans le secteur sont titulaires d’un bac+5 (72%) mais que ces années de formation ne sont pas forcement liées à la cybersécurité. 47 % des professionnels du secteur n’ont pas de diplôme ou de certification directement liée à la cybersécurité. Le secteur est encore assez « jeune », avec 45 % des professionnels disposant de moins de 5 ans d’ancienneté dans le secteur.

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Pour recruter heureux, recrutons caché

L’étude de l’observatoire met également en lumière une spécificité du marché de l’emploi dans le secteur de la cybersécurité : le bouche à oreille et le réseau sont bien plus efficaces que les offres d’emploi disponibles publiquement. Une tendance que les auteurs de l’étude illustrent en évoquant l’image d’un « marché caché » de l’emploi, en opposition au « marché ouvert » que constitue les offres de recrutement ouvertes au public. « 56 % des professionnels ont été recrutés via le marché caché et 81 % déclarent avoir été approchés directement au cours des deux dernières années » indiquent ainsi les auteurs de l’étude.

 

L’étude aborde également la question des rémunérations dans le secteur, considérés comme « très variables ». Si la majorité des sondés indique percevoir un salaire annuel brut allant de 35 000 euros à 64 999 euros, 12 % sont en dessous des 35 000 euros annuels et 12 % sont au dessus de la barre 100 000 euros bruts par an. Ces chiffres sont dans l’ensemble un peu plus faible que l’étude menée par le CESIN sur la rémunération des Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information RSSI, mais l’étude de l’Anssi porte sur l’ensemble des métiers de la cybersécurité et pas uniquement sur la fonction de RSSI. De la même manière, l’observatoire indique que cette rémunération est fortement corrélée à la taille de l’entreprise, les plus gros salaires étant réservés aux entreprises de plus de 1000 employés. L’observatoire rejoint également les conclusions du CESIN sur le stress de ces métiers : 63 % des professionnels sondés jugent leur travail stressant, mais 89ù sont satisfaits de l’exercice de leur métier.

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