L’Algérie interdit le survol de son territoire aux avions militaires français – Le Parisien

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Nouvelle étape. Au lendemain du rappel de son ambassadeur à Paris, l’Algérie a décidé d’interdire le survol de son territoire aux avions militaires français. Une véritable épine dans le pied pour l’armée française, qui a confirmé à l’AFP cette information du Figaro, alors qu’elle survole effectivement le pays dans le cadre de l’opération Barkhane pour rejoindre le nord du Mali.

Selon le quotidien, l’état-major des armées françaises aurait même découvert cette décision ce dimanche matin. Car c’est au moment de déposer les plans de vol que les militaires se sont rendus compte que les autorisations de survol n’avaient pas été accordées par Alger. « Ce matin, en déposant les plans de vol de deux avions, nous avons appris que les Algériens fermaient le survol de son territoire aux avions militaires français », a déclaré à l’AFP le colonel Pascal Ianni. Selon lui, toutefois, « cela n’affecte ni les opérations ni les missions de renseignement » menées par la France au Sahel.

Début 2013, au tout début de l’opération Serval, des Rafales français s’étaient déjà vu interdire l’espace aérien algérien pour se rendre au Mali. Ils avaient dû survoler le Maroc et la Mauritanie, nécessitant cinq points de ravitaillement. Le député UMP Alain Marsaud avait posé la question à l’Assemblée nationale. Le ministère de la Défense avait répondu que cette interdiction n’était dû qu’au délai de réponse nécessaire. « Le survol du territoire algérien par les avions non armés et les différentes escales techniques nécessaires au transit aérien vers la bande sahélo-saharienne (ravitaillement en vol, transport logistique, convoyage de chasseurs) ont toujours été accordés par les autorités algériennes », répondait le ministre, à l’époque Jean-Yves Le Drian.

Le « dérapage » de Macron

Cette fois, ce sont les propos d’Emmanuel Macron qui semblent heurter le gouvernement algérien. « À la suite des propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribués nommément au Président de la République française, l’Algérie exprime son rejet catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos », a indiqué la présidence algérienne samedi soir. Alors qu’approche le 60ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et son indépendance, Emmanuel Macron aurait estimé devant des jeunes d’origine algérienne que l’Algérie s’était construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », ce que le quotidien algérien El Watan qualifie de « dérapage ». Alger n’avait pas regimbé il y a deux semaines lorsqu’Emmanuel Macron avait demandé « pardon » aux Harkis au nom de la France.

L’Algérie ne digère pas non plus la récente décision de la France de diviser par deux le nombre de visas accordés aux Algériens ces prochains mois, une décision rendue nécessaire, ont tour à tour défendu Gérald Darmanin et Gabriel Attal, ministre de l’Intérieur et porte-parole du gouvernement, par le refus du pays de récupérer sur son sol les Algériens expulsés de France pour délinquance, radicalisation, ou clandestin. « On va plutôt ennuyer les gens qui sont dans le milieu dirigeant, qui avaient l’habitude de demander des visas facilement », aurait affirmé Emmanuel Macron aux jeunes Franco-algériens qu’il rencontrait. Il s’agit d’un « moyen de pression pour dire à ces dirigeants que si vous ne coopérez pas pour éloigner des gens qui sont en situation irrégulière et dangereux, on ne va pas vous faciliter la vie ».

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