L’acharnement de Donald Trump bute contre la Cour suprême – Le Monde

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La Cour suprême américaine à Washington, DC, le 9 novembre.

Le président des Etats-Unis a essuyé un revers décisif, vendredi 11 décembre. Saisie par le procureur général du Texas, Ken Paxton, qui souhaitait faire annuler le vote des électeurs de quatre Etats remportés le 3 novembre par le démocrate Joe Biden – la Géorgie, le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin –, la Cour suprême a sèchement jugé que son Etat n’avait pas « démontré un intérêt reconnaissable d’un point de vue juridique concernant la manière dont un autre Etat organise ses élections ». Seule nuance, les deux juges les plus conservateurs, Clarence Thomas et Samuel Alito, ont estimé que la Cour suprême aurait été fondée à se saisir de la plainte, sans se prononcer cependant sur le fond.

Donald Trump l’avait assuré avant le scrutin : il était convaincu que l’élection présidentielle serait arbitrée par la Cour suprême. Pendant les semaines qui avaient précédé le 3 novembre, il avait exposé à de nombreuses reprises son raisonnement. Assurant que les votes par correspondance auxquels les démocrates entendaient massivement recourir seraient entachés de fraude, le président sortant espérait que la plus haute instance juridique trancherait en sa faveur.

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Cette conviction avait justifié la procédure expéditive, sans précédent dans l’histoire de l’institution, par laquelle la juge conservatrice Amy Coney Barrett avait été nommée, puis confirmée par le Sénat. Son arrivée avait porté à six juges la majorité d’entre eux nommés par des présidents républicains, dont trois par Donald Trump.

Mardi, il en avait appelé au « courage de faire ce que tout le monde dans ce pays sait être juste ». « Si la Cour suprême fait preuve d’une grande sagesse et courage, le peuple américain gagnera peut-être l’affaire la plus importante de l’histoire, et notre processus électoral sera à nouveau respecté », avait assuré le président sur son compte Twitter, vendredi matin, dans une ultime tentative de pression.

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« Le recours le plus absurde »

Sa lecture purement transactionnelle des pouvoirs s’est fracassée contre le droit. La plainte du procureur général du Texas, lui-même aux prises avec la justice et qui a toutes les raisons d’espérer un pardon présidentiel, avait été jugée sévèrement par une majorité de juristes. « Nous avons un nouveau prétendant pour le recours le plus absurde concernant les élections », avait ainsi ironisé le professeur à l’université du Texas Steve Vladeck, sur son compte Twitter. Mardi, la Cour avait déjà écarté en une phrase lapidaire une plainte républicaine limitée à la Pennsylvanie.

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