L’accord de Paris sur le climat, qui fête ses cinq ans, a-t-il tenu ses promesses ? – Le Monde

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De gauche à droite : Christiana Figueres, chargée de la Convention climat pour les Nations unies, Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, Laurent Fabius, président de la COP21 et François Hollande, le président français, le 12 décembre 2015, lors de l’adoption de l’accord de Paris à la COP21, au Bourget (Seine-Saint-Denis).

« C’est un petit marteau, mais je pense qu’il peut faire de grandes choses. » La phrase est restée célèbre et le coup de marteau encore davantage. Il y a cinq ans jour pour jour, le 12 décembre 2015, Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères de l’époque, arrachait l’adoption, par 195 pays, du premier traité international visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre afin de contenir le réchauffement climatique. « Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n’entends pas d’objection. L’accord de Paris pour le climat est adopté ! », lançait le président de la COP21 depuis la tribune du Bourget (Seine-Saint-Denis). Embrassades, applaudissements, larmes.

L’accord de Paris sur le climat, désormais ratifié par 188 pays, a pour objectif de limiter le réchauffement climatique « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre l’action menée » pour limiter la hausse à 1,5 °C. Il prévoit d’accroître tous les cinq ans les engagements de réduction des émissions, ainsi qu’une aide financière aux pays du Sud, principales victimes des aléas climatiques. « Cet accord, comme tout accord, a ses forces et ses faiblesses, note Tina Stege, la représentante pour le climat des îles Marshall. Mais ce fut un triomphe du multilatéralisme et un cadre pour notre survie collective. »

Qu’en est-il, cinq ans après ? Où en est la lutte contre le réchauffement climatique ? Quelles promesses a-t-on tenues et quels engagements doit-on rattraper ?

  • Des émissions qui continuent d’augmenter

« Le monde n’est absolument pas sur la bonne trajectoire pour respecter les objectifs de l’accord de Paris », prévient le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans son dernier bilan sur l’action climatique. Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint, en 2019, un record historique de 59 milliards de tonnes équivalent CO2, soit une augmentation de 5 % par rapport à 2015. Les rejets de CO2, le principal gaz à effet de serre, devraient baisser de 7 % en 2020 du fait du ralentissement économique lié à la pandémie de Covid-19. Mais les scientifiques anticipent un rebond des émissions dès 2021, sous l’effet du retour d’une croissance économique majoritairement basée sur les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). « Il n’y a pour l’instant aucun signe d’un pic à venir, qui déboucherait sur une diminution durable », indique Anne Olhoff, l’une des autrices principales, chercheuse à l’université technique du Danemark.

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