L’absence de Kim Jong-un alimente toutes les rumeurs – Le Figaro

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Séoul

À l’heure du coronavirus, Kim Jong-un a réussi un nouvel exploit. Le «leader suprême» nord-coréen a volé la vedette au virus sur la toile ce week-end, où les rumeurs sur son état de santé vont bon train, relayant les moindres bribes d’information en provenance du royaume ermite, excitant les rédactions, mais laissant les experts à Séoul, sur leurs gardes.

Le convoi ferroviaire blindé de l’héritier de la seule dynastie «communiste» de la planète est arrivé en gare à Wonsan, à l’entrée de son luxueux complexe, sur la côte orientale de la Corée du Nord, le 21 avril, rapporte le très sérieux site américain 38 North. «La présence de ce train n’indique rien sur l’état de santé du leader mais il donne du poids aux nouvelles affirmant que Kim séjourne actuellement dans un resort d’élite sur la côte orientale», expliquent les analystes chevronnés du site, après avoir étudié minutieusement des images satellites qui balaient régulièrement le territoire nord-coréen.

Le lourd convoi qu’affectionnait son père Kim Jong-il est garé à l’entrée de la gare privée de ce complexe ultrasécurisé de neuf villas haut de gamme, surplombant les lourds rouleaux en provenance du Pacifique, et la marina où est amarré le yacht de Kim. Cet indice ne renforce pas l’hypothèse avancée la semaine dernière par le Daily NK, un site de transfuges nord-coréens basé à Séoul, selon laquelle le dirigeant trentenaire serait dans un hôpital ultrasécurisé à Hyang San, au centre du pays, à l’article de la mort, après une opération du cœur. Depuis l’absence remarquée de Kim Jong-un aux célébrations du Jour du soleil, le 15 avril, le plus important du calendrier nord-coréen, il ne fait plus de doute que le dictateur fait face à un empêchement d’importance, nourrissant la rumeur d’un accident de santé, voire d’une révolution de palais. Une délégation du Parti communiste chinois a quitté Pékin pour Pyongyang jeudi, accompagné «d’experts médicaux», affirme l’agence Reuters, alimentant les craintes sur l’état de santé du dirigeant à la tête d’un arsenal nucléaire.

Pas d’activités suspectes au-delà du 38e parallèle

Deux théories circulent en ligne, sans aucun moyen de les vérifier indépendamment, dans ce pays qui cadenasse l’information, et suscite les fantasmes à travers le monde. La plus alarmiste, lancée par Daily NK et relayée par CNN, évoque des complications après une opération «cardiovasculaire» qui aurait plongé le dictateur dans un «état grave». Kim serait même dans un «état végétatif», rajoute vendredi, le Shukan Gendai, un hebdomadaire japonais. L’information relayée par CNN est «incorrecte», a jugé Donald Trump, tout en admettant que Washington n’avait pas d’information sur la santé du dirigeant. Selon la seconde théorie, Kim serait toujours aux commandes, en convalescence d’un accident de santé bénin, lui interdisant momentanément d’apparaître en public, comme l’avance Cheong Seong-chang, chercheur au Sejong Institue, à Séoul.

En Corée du Sud, les autorités affirment n’avoir pas détecté d’activités suspectes, au-delà du 38e parallèle, et les spécialistes redoublent de prudence, scrutant les indices en provenance du rival voisin, où la presse officielle demeure muette sur la situation du «leader suprême». Les spéculations sur l’état de santé fragile de Kim reviennent régulièrement, alimentées par son surpoids, et les problèmes cardiovasculaires dont ses prédécesseurs ont souffert. En 2014, le dirigeant avait disparu pendant 41 jours, nourrissant les inquiétudes sur l’équilibre géopolitique de l’Asie du Nord-Est, avant de réapparaître, une canne à la main. Il avait subi à l’époque une opération de la cheville et ne «serait pas à l’abri d’une rechute», selon Cheong.

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