La télémédecine franchit un nouveau cap pendant la pandémie

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La télémédecine franchit un nouveau cap pendant la pandémie

En phase épidémique, la prise en charge des cas les moins graves doit se faire à domicile pour ne pas saturer les établissements de santé. Des réflexes s’imposent alors, comme le fait d’appeler son médecin traitant au lieu de lui rendre visite, ou ne pas appeler le 15 sauf en cas d’urgence grave.

Actuellement, 183 établissements de santé habilités Covid-19 de première et deuxième ligne sont mobilisés pour la prise en charge des cas de Covid-19 (au moins un établissement par département) avec des capacités d’accueil d’urgence, d’infectiologie, de soins critiques (USC et soins intensifs) et de réanimation limitées. Les ressources numériques constituent donc pour beaucoup du personnel de santé une alternative nécessaire.

Un guide méthodologique à l’usage du personnel soignant a été publié par le gouvernement en début de semaine, pour aider à se préparer à la phase épidémique de Covid-19. Ce document indique que « l’usage de la téléconsultation en phase épidémique (acte de consultation à distance) permettra d’assurer la prise en charge à domicile des patients éligibles » et « la téléexpertise (sollicitation par un professionnel médical de l’avis d’un autre professionnel médical à distance) renforcera la capacité de réponse des professionnels de ville. Le recours aux télésoins est aussi une modalité intéressante à développer dans ce cadre.

Des solutions de télésuivi sont d’ores et déjà mises en place par beaucoup d’acteurs de la French tech, en partenariat avec les professionnels de santé.

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Covidom : un dispositif d’accompagnement des patients en ligne

A l’initiative de l’AP-HP et Nouveal e-santé, l’application Covidom est destinée au suivi médical à domicile des patients porteurs – ou suspectés – du Covid-19 qui ne nécessitent pas d’hospitalisation. Elle permet de bénéficier d’un télésuivi à domicile via des questionnaires médicaux proposés une ou plusieurs fois par jour, en complément des mesures de confinement.

Les données administratives et médicales du patient sont enregistrées sur la plateforme, puis le patient répond quotidiennement à un questionnaire numérique depuis un ordinateur ou via l’application disponible sur les principaux stores. La fréquence du questionnaire est variable, en fonction de « la stratification du risque et de la période », précise un communiqué.

En fonction des réponses, des alertes peuvent être générées. « Lorsque nécessaire, par exemple en cas de forte fièvre ou de gêne respiratoire importante signalée par le patient, l’équipe soignante est alertée et contacte le patient pour éventuellement adapter le suivi et la prise en charge. Un centre de télésurveillance médicale est mis en place à compter du 12 mars pour suivre les alertes de l’ensemble des patients inclus dans Covidom. En cas d’urgence immédiate, il est demandé au patient de se mettre en relation avec le 15.

D’abord déployée dans les hôpitaux Bichat et Salpêtrière et auprès des médecins généralistes le dimanche 8 mars, l’application s’est ensuite progressivement étendue toute la semaine dernière. A ce jour, « plus de 20 établissements de l’AP-HP et 808 patients en Ile-de-France sont enrôlés, tandis que 1 126 médecins sont déjà inclus dans le dispositif, ainsi que deux SAMU départementaux », précise-t-on à ZDNet.

SafeSanté met en route un nouveau système de soin pour tous les médecins

La start-up SafeSanté, composée d’une équipe pluridisciplinaire, a mis en route un nouveau système de soin avec la télémédecine et les objets connectés, englobant les professionnels et les établissements de santé, ainsi que le SAMU, où une nouvelle organisation se met en place. « Nous invitons tous les médecins à s’engager dans ce dispositif afin d’assurer un contrôle de cette crise sanitaire. Nous assurons la formation et l’équipement gratuitement pour tous. C’est en mobilisant tous les acteurs de soin dans une organisation cadrée que nous arriverons à faire pencher la courbe épidémique du Covid-19 », a déclaré Yonathan Abbou, docteur en pharmacie et fondateur de SafeSanté.

SafeSanté fournit gratuitement son outil de téléconsultation à tous les médecins, généralistes et spécialistes et offre un module de prescription électronique certifié “Haute Autorité de Santé”, en partenariat avec Vidal Expert. En clair, il fournit aux médecins « un moyen de télétransmettre les feuilles de soin électroniques en ligne avec un boîtier pour leur Carte Professionnelle de Santé (CPS) », précise l’organisation.

Pour les résidents d’EHPAD et les pharmaciens, SafeSanté met aussi en place des kits de dispositifs médicaux connectés. Dans les EHPAD, les médecins peuvent notamment examiner à distance avec l’aide d’une aide-soignante.

Enfin, SafeSanté a mis en place une expérimentation permettant au SAMU de réguler les appels : toute suspicion de grippe ou de coronavirus est directement transférée à une unité de téléconsultation en capacité de prendre en charge le suivi des patients en téléconsultation chez eux. « Les télémédecins inscrivent chaque cas de Covid-19 positif dans le dispositif de l’AP-HP Covidom pour mettre en place une télésurveillance avec alerte en cas de dégradation », explique un communiqué.

Le projet de Whoog pour constituer des équipes renforts dans les centres de soin

Face à la crise du Covid-19, Whoog déploie son « plan blanc de mobilisation ». La start-up localisée à Sophia Antipolis, notamment partenaire du CHU de Montpellier, a mis en place des mesures pour « faciliter les remplacements » au sein des établissements de santé, qui se préparent à constituer des équipes renforts (aides-soignants, infirmiers, professions libérales, brancardiers, etc.) La plateforme lance ainsi un appel aux professionnels vacataires, étudiants ou retraités à s’inscrire sur son site.

Le site rassemble 350 000 agences cibles inscrites, dont près de 55 % des CHU de France, 200 services d’urgence et 400 EHPAD, et revendique un vivier d’utilisateurs actifs de plus de 60 000 professionnels par jour. Plus de 10 000 vacataires volontaires ont déjà fait la démarche à ce jour de rejoindre l’initiative, indique la plateforme de e-santé.

« En cette période difficile, des professionnels de santé peuvent avoir envie de se mobiliser sans savoir où sont réellement les besoins urgents, qui évoluent heure par heure, jour par jour », explique Guerric Faure, fondateur de Whoog. « Nous nous préparons à une affluence inédite et nous devons pouvoir renforcer nos équipes rapidement. Nous utilisons déjà Whoog au quotidien, et nous ferons appel au plus grand nombre, notamment étudiants et retraités. Nous communiquons activement pour que le personnel s’inscrive sur la plateforme », ajoute un CHU utilisateur de la plateforme.

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