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La Russie et la Turquie annoncent un cessez-le-feu dans le nord de la Syrie dès jeudi soir – Le Monde

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A l’issue d’entretiens qui ont duré plusieurs heures à Moscou avec Vladimir Poutine, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé l’entrée en vigueur jeudi 5 mars à minuit (23 heures à Paris) d’un cessez-le-feu dans la province syrienne d’Idlib. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a espéré que cet accord « mènera à une cessation des hostilités immédiate et durable » au bénéfice de la population.

« Le cessez-le-feu entrera en vigueur à partir de ce soir à minuit », a déclaré M. Erdogan au cours d’une conférence de presse commune avec M. Poutine, ajoutant qu’il ferait en sorte avec son homologue russe qu’il soit « durable ». Le président turc a par ailleurs prévenu que son pays se réservait « le droit de répliquer de toutes ses forces et partout à toute attaque du régime » de Damas.

S’exprimant avant son homologue turc, M. Poutine a déclaré que les deux pays s’étaient « mis d’accord sur un texte » qui, selon lui, « servira de base solide pour mettre un terme aux combats dans la zone de désescalade d’Idlib ».

Lire aussi : la double offensive du président Recep Tayyip Erdogan

Patrouilles russo-turques

Le village de Deir Hassan, dans la province d’Idlib.

Le village de Deir Hassan, dans la province d’Idlib. AAREF WATAD / AFP

Les armées russe et turque organiseront à partir du 15 mars des patrouilles communes sur l’autoroute M4, un axe stratégique traversant la région d’Idlib, a par ailleurs fait savoir le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lisant une déclaration commune.

D’après le texte de l’accord, consulté par l’AFP, les deux pays ont prévu de mettre en place un « couloir de sécurité » de 6 km de profondeur de part et d’autre de l’autoroute, soit une zone tampon de 12 km de large au total. Les paramètres de cette zone seront définis par Ankara et Moscou sous sept jours, selon la déclaration.

Organisé dans l’urgence, le sommet entre MM. Erdogan et Poutine s’est déroulé après une brusque escalade à Idlib, une région du nord-ouest de la Syrie contrôlée par des groupes rebelles soutenus par Ankara et des organisations djihadistes. Le régime de Bachar Al-Assad, appuyé par l’aviation russe, a déclenché en décembre une offensive pour la reprendre, provoquant une catastrophe humanitaire avec près d’un million de personnes déplacées.

Ankara a déclenché une offensive d’envergure contre le régime après la mort de 34 militaires turcs dans des frappes aériennes attribuées par le gouvernement turc à Damas. Ces affrontements ont tendu les rapports entre Ankara et Moscou qui, en dépit de leurs intérêts divergents en Syrie, ont renforcé leur coopération ces dernières années.

Jeudi encore, au moins 15 civils, dont un enfant, sont morts dans des bombardements russes à Idlib, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Quelques heures avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée turque a par ailleurs annoncé la mort de deux de ses soldats, tués par les forces de Bachar Al-Assad. Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, plus de 380 000 personnes ont été tuées.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La plus grande histoire d’horreur humanitaire du XXIe siècle » a actuellement lieu à Idlib, en Syrie

Le Monde avec AFP

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