La réflexion continue pour faire baisser la facture environnementale du numérique

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La réflexion continue pour faire baisser la facture environnementale du numérique

Les autorités continuent à étoffer leur feuille de route pour réduire l’impact environnemental du numérique dans les prochaines années. Il s’agit d’une gageure pour le gouvernement, alors que ce sujet faisait partie des axes principaux des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, et que le numérique pèse aujourd’hui pour 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Pour autant, pas question d’opposer le numérique à l’environnement : les autorités entendent bien ériger le secteur en levier majeur pour réduire notre empreinte environnementale.

« La transition écologique sans le progrès numérique est impossible, et la transition numérique doit s’inscrire dans l’exigence écologique », relève ainsi l’exécutif dans sa feuille de route publiée ce mardi. Alors que l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) s’est positionnée depuis longtemps sur le sujet, avec l’espoir d’intégrer la régulation environnementale du numérique parmi ses prérogatives, celle-ci – qui a organisé un point d’étape sur le sujet en début de semaine – pourrait avoir gain de cause.

Le gendarme des télécoms – qui avait déjà énoncé des pistes pour résorber l’impact du numérique sur l’environnement à l’automne 2020 – a ainsi été chargé en début d’année de publier un nouveau baromètre environnemental du numérique, en association avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Pour ce faire, l’Arcep pourrait se voir attribuer de nouveaux pouvoirs de collecte annuelle de données environnementales auprès de l’ensemble des acteurs du numérique – et non plus des seuls opérateurs – dans le cadre d’une proposition de loi déposée par le sénateur (LR) Patrick Chaize, qui sera étudiée à compter du 2 novembre prochain.

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Premiers résultats d’une mission d’évaluation attendus en 2022

En novembre 2020, l’Autorité avait déjà été missionnée, toujours en compagnie de l’ADEME, pour proposer des pistes afin de réduire la facture environnementale du numérique, à travers le lancement d’une mission d’évaluation, dont les premiers résultats sont attendus au premier semestre 2022.

Ce n’est pas tout. Conformément aux recommandations édictées en décembre dernier par le Haut conseil pour le climat, une attention particulière a été portée par les autorités concernant les futures enchères pour la mise à disposition des fréquences millimétriques dévolues à la 5G. L’Arcep, qui doit mettre ces fréquences clés en jeu à partir de 2022, a été chargée « d’examiner dans les futures procédures d’attributions des fréquences 26 GHz tous les voies et moyens permettant de prendre en compte l’impact environnemental », faisait savoir le gouvernement en février 2020.

Parmi les autres mesures prises par l’exécutif, celui-ci s’est engagé à faire passer à 20 % la proportion de matériels reconditionnés dans les achats publics destinés aux collectivités publiques. Le gouvernement a également indiqué poursuivre les discussions avec les opérateurs, les plateformes et les distributeurs pour améliorer le reconditionnement et le recyclage des smartphones et autres box. Enfin, un code de bonne conduite sur le sujet devrait bientôt être adopté en concertation avec tous les acteurs du numérique.

Pour rappel, le numérique représenterait aujourd’hui de 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, et environ 2 % des émissions au niveau national. Mais si l’empreinte environnementale du numérique est pour l’heure modérée, elle devrait continuer d’augmenter de l’ordre de 60 % d’ici à 2040, pour atteindre 6,7 % des émissions de gaz à effet de serre émis en France.

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