« La police sans justice, c’est le totalitarisme » : Eric Dupond-Moretti défend à nouveau l’institution judiciaire – Le Monde

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Le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, le 10 mai 2021 à Paris, lors à une réunion à Matignon avec les syndicats de police après la mort d'un policier le 5 mai à Avignon.

Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, a tenu, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD) du 23 mai, à prendre la défense de l’institution judiciaire, accusée de laxisme par certains syndicats de policiers et élus.

« Le problème de la police, c’est la justice ! », avait jugé, mercredi, le secrétaire général du syndicat de police Alliance lors du rassemblement de milliers de policiers devant l’Assemblée nationale.

« Cette affirmation est fausse et elle est grave », s’est indigné M. Dupond-Moretti dans le JDD. « La police sans la justice, c’est le totalitarisme ; la justice sans la police, c’est l’impuissance. Ces deux institutions méritent le respect de tous les républicains », a poursuivi le ministre, qui a par ailleurs jugé légitime la présence de son collègue de l’intérieur, Gérald Darmanin, au rassemblement des policiers.

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Refus de rétablir les peines plancher

Le garde des sceaux a également rappelé une partie du bilan chiffré de la réponse pénale qu’il avait déjà déroulé mardi devant les députés : « En 2019, 132 000 peines d’emprisonnement ferme ont été prononcées, contre 120 000 en 2015. » « Dans l’affaire Nordahl Lelandais, l’avocate générale avait requis trente ans de réclusion ; c’est un jury populaire qui l’a condamné à vingt ans. Est-ce du laxisme ? », a lancé l’ancien avocat.

Il a également invoqué les chiffres pour justifier son refus de rétablir les peines planchers que réclament les syndicats policiers pour ceux qui s’en prennent aux membres des forces de l’ordre. Créées au début du mandat de Nicolas Sarkozy en 2007, elles prévoyaient une peine minimale incompressible pour un certain nombre de crimes et de délits, et ont été supprimées sous la présidence de François Hollande en 2014.

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« Si l’on regarde les peines qui ont été prononcées pendant cette période [entre 2007 et 2014], on constate qu’elles étaient nettement inférieures à celles prononcées après la suppression », a jugé M. Dupond-Moretti.

Le ministre a aussi, une nouvelle fois, défendu le budget « historique » de la justice, qui « a bondi de 21 % en quatre ans et de 8 % rien que cette année alors que nous atteignons les 9 090 magistrats ».

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Le Monde avec AFP

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