La police abandonne officiellement la clé d’étranglement, remplacée par trois nouvelles techniques – Le Monde

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Des policiers de la brigade de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M) lors de la manifestation contre la loi « sécurité globale », à Paris, le 12 décembre 2020.

Le procédé d’interpellation policière dit de « clé d’étranglement », particulièrement controversé, est officiellement remplacé par trois nouvelles techniques prohibant toute pression continue et prolongée au niveau du larynx, selon un courrier du patron de la police nationale, daté du vendredi 30 juillet et consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

L’abandon de cette technique avait été annoncé en juin 2020 par l’ancien ministre de l’intérieur Christophe Castaner. La clé d’étranglement avait été mise en cause dans l’affaire Chouviat, ce livreur mort à Paris en janvier 2020 dans le cadre d’un contrôle. Toutefois, la technique était toujours utilisée, faute de directive portant sur de nouvelles pratiques.

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Dans son courrier adressé à tous les hauts responsables de la police, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, explique que le rapport de synthèse – confié pendant l’été 2020 au patron de la police du Val-d’Oise, Frédéric Lauze – avait constaté que la technique de la clé d’étranglement présentait « des risques ».

« Il est donc décidé d’y renoncer définitivement », ajoute Frédéric Veaux, avant de détailler les trois techniques qui seront dorénavant enseignées. Il s’agit de « l’amener au sol par pivot », de « l’amener au sol par contrôle de demi-épaule », et de « la maîtrise par contrôle de la tête ».

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« Gradation de la force »

Ces nouvelles techniques s’appuient sur « le principe de gradation de la force en fonction de la résistance de l’individu, en utilisant des méthodes d’amener au sol et de maîtrise sans avoir recours à une pression continue et prolongée au niveau du larynx », écrit le patron de la police.

Le principal problème pour Frédéric Veaux est de convaincre les policiers et les syndicats que les nouvelles techniques seront aussi efficaces que la clé d’étranglement pour l’interpellation de personnes robustes et violentes. En effet, dès l’annonce de l’abandon de cette dernière, les syndicats avaient protesté, expliquant qu’y renoncer serait « une erreur ». Pour eux, l’encadrer, l’améliorer et mieux former les policiers était la seule réponse possible.

Peu de solutions de rechange trouvent grâce à leurs yeux. Les clés de bras ? « Pour en faire des très propres, il faut avoir un niveau de dingue, s’entraîner plusieurs heures par semaine », explique à l’AFP Nicolas (le prénom a été modifié), d’une BAC (brigade anticriminalité) de région parisienne.

Un « observatoire des pratiques en intervention » composé de policiers et d’experts techniques issus de la société civile sera placé auprès du directeur central du recrutement et de la formation. Enfin, a annoncé Frédéric Veaux, un « séminaire de réflexion sur l’usage de la force légitime sera organisé tous les trois ans pour dresser l’état des difficultés que peuvent rencontrer les policiers sur le terrain ».

Le Monde avec AFP

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