La perte de la majorité absolue à l’Assemblée, un coup dur pour Emmanuel Macron – Le Monde

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Ils refusaient de croire à un tel scénario. Fin 2019, alors que les députés continuaient de quitter les uns après les autres le groupe macroniste à l’Assemblée nationale, un cadre de La République en marche (LRM) s’alarmait, sous le couvert de l’anonymat : « En cas de perte de la majorité absolue, les médias titreront “la fin du pouvoir Macron”. Ce n’est pas possible ! » L’hypothèse semblait tellement catastrophique aux yeux du président du groupe LRM, Gilles Le Gendre, qu’il ne voulait pas l’envisager. « Arithmétiquement, c’est toujours possible, mais je n’en vois pas le risque », assurait-il, en octobre 2019, avant d’affirmer : « L’érosion a eu lieu il y a quelque temps, mais elle est finie. »

La prédiction ne s’est pas vérifiée : mardi 19 mai, le parti présidentiel est descendu sous la barre symbolique des 289 députés, qui lui permettait, depuis trois ans, de disposer à lui seul de la majorité absolue. Sept de ses membres sont partis constituer un nouveau groupe − le neuvième au Palais-Bourbon, un record − baptisé « Ecologie, démocratie, solidarité ». Arrivés triomphants à l’Assemblée nationale en 2017, avec un effectif de 314 membres, les députés LRM ne sont plus aujourd’hui que 288.

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Des députés EDS, Paula Forteza, Hubert Julien-Laferrière, Emilie Cariou, Martine Wonner et Delphine Bagarry, le 19 mai à Paris.

Des députés EDS, Paula Forteza, Hubert Julien-Laferrière, Emilie Cariou, Martine Wonner et Delphine Bagarry, le 19 mai à Paris. FRANCOIS GUILLOT / AFP

Lors d’une conférence de presse en ligne, mardi matin, les dix-sept députés à l’origine de ce nouveau groupe ont mis en avant leur volonté d’œuvrer au « monde d’après » en allant « plus loin et plus vite » sur les thématiques de l’environnement et du social. « Nous voulons apporter au débat un nouvel élan dans la méthode et les idées », a expliqué Matthieu Orphelin, en vantant un collectif transpartisan « petit mais costaud ». Ce proche de Nicolas Hulot le codirigera avec Paula Forteza, proche de Cédric Villani, également inscrit. Les « marcheurs » Aurélien Taché, Guillaume Chiche et Emilie Cariou, issus du Parti socialiste, y figurent également.

Les députés Matthieu Orphelin et Paula Forteza, en conférence de presse, le 19 mai à Paris.

Les députés Matthieu Orphelin et Paula Forteza, en conférence de presse, le 19 mai à Paris. CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / REUTERS

Ligne jugée « trop à droite »

Ce nouveau groupe, qui se veut « positif » et de « proposition », sera inscrit en « groupe minoritaire » à l’Assemblée. Une manière de ne se situer ni dans la majorité ni dans l’opposition. « Si le président de la République lance un troisième temps du quinquennat qui répond à nos priorités, nous le validerons. En revanche, si cela percute les priorités de notre groupe, nous nous opposerons », a expliqué M. Chiche.

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Aurélien Taché a mis en garde sur le risque de voir le Rassemblement national l’emporter à la présidentielle. « Si nous n’avançons pas et si nous n’avons pas des résultats très vite, malheureusement, en 2022, les Français risquent de faire le choix du pire. »

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