La pandémie de Covid-19 continue de s’accélérer dans le monde, alerte l’OMS – Le Monde

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Un enterrement à Santiago (Chili), le 19 juin.

La pandémie de Covid-19 « continue de s’accélérer » dans le monde, avec « le dernier million de cas signalé en seulement huit jours », a prévenu lundi 22 juin le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Nous savons que la pandémie est bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir pendant des décennies », a-t-il ajouté, lors d’une conférence virtuelle organisée par l’émirat de Dubaï.

Le chef de l’OMS a également appelé les gouvernements et les sociétés à se préparer à d’éventuelles futures pandémies, qui pourraient survenir « dans n’importe quel pays à n’importe quel moment et tuer des millions de personnes parce que nous ne sommes pas préparés ». « Nous ne savons pas où ni quand la prochaine pandémie se produira, mais nous savons qu’elle aura un impact terrible sur la vie et l’économie mondiales », a averti M. Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le Covid-19 a fait au moins 468 518 morts dans le monde depuis que la Chine a fait état de l’apparition de la maladie en décembre, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles lundi. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché, avec au moins 119 977 décès, suivis du Brésil (50 617), du Royaume-Uni (42 632), de l’Italie (34 634) et de la France (29 640). L’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Océanie sont sous le seuil du million de cas. Mais un rebond inquiète la Chine depuis la semaine dernière, avec plus de 220 nouveaux cas.

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  • L’Amérique latine durement frappée

Le coronavirus continue de frapper durement l’Amérique latine, dont la partie australe est entrée dimanche en hiver. Le Brésil dénombrait dimanche plus de 50 000 morts et au moins un million de personnes contaminées dans le pays, les mégalopoles de Sao Paulo et de Rio de Janeiro étant les plus sévèrement atteintes.

Depuis le premier cas détecté, le 26 février, la propagation incontrôlée du virus a érodé le soutien au président de droite, Jair Bolsonaro, et fait craindre un effondrement économique. Parfois surnommé le « Trump des tropiques », le président brésilien a été largement critiqué pour sa gestion de la crise. Le pays n’a toujours pas de ministre permanent de la santé après le départ des deux titulaires successifs de ce poste. M. Bolsonaro a rejeté toutes les mesures de distanciation sociale, les jugeant nuisibles à l’emploi. Il a également fait la promotion de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, malgré le peu d’éléments prouvant leur efficacité. La crise sanitaire a, par ailleurs, exacerbé les tensions politiques et sociales dans le pays, qui se sont traduites par des manifestations de soutiens et de détracteurs de Bolsonaro ce week-end.

Ailleurs en Amérique latine, le Mexique a déploré ces derniers jours plus de 20 000 morts, l’Argentine 1 000 morts, et le Pérou 8 000 morts. En outre, au Pérou, la citadelle inca de Machu Picchu, principal site touristique péruvien, a reporté sine die sa réouverture initialement prévue le 1er juillet. En Bolivie, la présidente par intérim, Jeanine Añez, a promulgué dimanche soir une loi qui convoque les élections générales au 6 septembre. Prévu initialement le 3 mai, le scrutin avait été reporté en raison de l’épidémie.

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  • Dix-huit nouveaux cas à Pékin

Dix-huit cas supplémentaires de contamination ont été enregistrés lundi en Chine continentale depuis la veille, selon les autorités sanitaires chinoises. La moitié se situe à Pékin, où des mesures de restriction des déplacements ont été mises en place pour endiguer une propagation du virus, à la suite de la découverte de plusieurs foyers d’infection.

En dépit de cette recrudescence, les autorités se veulent rassurantes. Selon un expert de la Commission nationale de santé, une baisse drastique du nombre de nouveaux cas pourrait même être observée dès la fin de la semaine. « Si on contrôle la source et si on coupe la chaîne de transmission, le nombre va diminuer drastiquement », a assuré Wu Hao, spécialiste du contrôle des maladies, dans une interview diffusée dimanche soir à la télévision d’Etat. Un confinement de la capitale similaire à celui qui a été décidé à Wuhan, d’où est partie l’épidémie en décembre, n’est pas à l’ordre du jour, a-t-il ajouté, rappelant que les mesures de restriction en vigueur avaient été cette fois-ci volontairement plus ciblées.

Pour tenter de limiter la propagation du virus, la municipalité a, en effet, opté pour des mesures différenciées selon les quartiers. Pékin a, par ailleurs, concentré ses campagnes de test sur les groupes considérés comme les plus susceptibles de transmettre facilement le virus, à l’image du secteur de la restauration et des services de livraison à domicile. Au 20 juin, quelque 2,3 millions des 20 millions d’habitants de Pékin avaient été testés.

  • L’Europe continue de retrouver prudemment une vie normale

Plusieurs pays d’Europe, submergés au printemps par la maladie, continuent d’alléger les mesures de précaution, à la faveur d’un répit de l’épidémie. Ainsi, l’Espagne est sortie dimanche de l’état d’urgence sanitaire et a rouvert sa frontière avec la France, pour le plus grand plaisir des touristes, qui ont pu retrouver les plages de la Méditerranée. En France, l’école est redevenue obligatoire lundi pour tous les écoliers et collégiens ; les salles de cinéma, les casinos, les gymnases et les piscines sont de nouveau autorisés à rouvrir.

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Mais l’OMS continue d’avertir que cette nouvelle phase de déconfinement est « dangereuse », alors que le virus continue de « se propager rapidement » et qu’il reste « mortel ». « Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé, le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours », a insisté lundi Tedros Adhanom Ghebreyesus.

En Suisse, le président de la force d’intervention scientifique fédérale consacrée à la maladie a estimé dimanche que le déconfinement était trop rapide dans son pays. « Au cours des sept derniers jours, le nombre de cas a augmenté de 30 %, a expliqué au Blick Matthias Egger, épidémiologiste. Dans cette situation incertaine, nous considérons qu’il est prématuré de prendre de nouvelles mesures pour assouplir les règles. »

Plusieurs mesures de confinement seront rétablies mardi dans la région de Lisbonne afin de maîtriser des foyers de contagion, a annoncé lundi le premier ministre portugais, Antonio Costa. Parmi ces mesures figurent l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes, alors que la limite avait été relevée à vingt personnes dans l’ensemble du pays, et la fermeture des cafés et commerces dès 20 heures.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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