La France va étendre l’intervalle entre deux doses de vaccins Pfizer ou Moderna – Le Figaro

Spread the love

L’intervalle entre deux doses de vaccins à ARN messager est actuellement fixé entre 35 et 49 jours. Il devrait évoluer pour plus de souplesse, passant entre 21 à 49 jours.

L’exécutif est à la manœuvre pour éviter de voir les prises de rendez-vous de vaccination décroître. À l’approche de l’été, des inquiétudes émergent quant au désir d’une partie des Français de repousser leur vaccination à la rentrée, par crainte de devoir interrompre leurs vacances pour recevoir leur deuxième dose – la règle générale voulant que les deux doses soient reçues au même endroit.

Pour contrecarrer ce phénomène, le ministère de la Santé a annoncé ce mardi que la souplesse de l’intervalle entre deux doses de vaccins à ARN messager – Pfizer ou Moderna – va être «encore élargie». Actuellement, une seconde dose d’un de ces vaccins doit être reçue entre 35 et 49 jours après la première. Une durée qui avait déjà été étendue il y a quelques semaines. Elle va à nouveau être revue, et sera bientôt fixée entre 21 et 49 jours, soit l’écart «le plus large possible».

Pour le ministère, cette évolution doit permettre de convaincre des Français de recevoir leur première dose sous peu et de recevoir la seconde avant leur départ en vacances. «Si nous n’accordons pas de souplesse sur l’écart, on risque de freiner l’accès à la primoinjection pour des gens» craignant de devoir bouleverser leurs vacances, insiste le ministère.

VOIR AUSSI – Covid-19: le variant indien représente «2 à 4%» des cas positifs en France, alerte Olivier Véran

Malgré l’accélération, la campagne vaccinale a en effet encore un long chemin à parcourir. 82% des personnes âgées de plus de 70 ans ont reçu une première dose, et 65% en ont reçu deux. La proportion de primoinjectés passe à 79% pour les plus de 60 ans, à 75% pour les plus de 50 ans et à 58% pour l’ensemble des adultes majeurs. Le ministère «ne se fixe pas de plafond» sur le taux de personnes vaccinées par tranche d’âge : «l’objectif est d’aller le plus loin possible», indique-t-on. Également, deux personnes atteintes de comorbidité sur trois seulement ont reçu une première injection, précise le ministère. La marge de progression est, là aussi, importante.

L’exécutif observe de près les enquêtes d’adhésion à la vaccination, et garde leurs conclusions comme «balise» : si 90% d’une tranche d’âge dit, dans les sondages, souhaiter recevoir une première dose, ce chiffre peut être vu comme le niveau plancher à atteindre. Le gouvernement compte ainsi «permettre aux gens qui, théoriquement, veulent se faire vacciner», de recevoir leur dose.

Des dizaines de millions de doses reçues durant l’été

Si le calendrier de livraison de doses n’est pas encore fixé définitivement pour les mois à venir, le ministère de l’Économie a tout de même fourni quelques précisions. La France a reçu 12,5 millions de doses en avril et 15,5 millions en mai. 23 millions de doses sont attendues en juin, en juillet et «au moins autant» en août. Soit plus de 65 millions de doses sur l’été.

Par ailleurs, la France aura donné, fin juin, «plus d’1,5 millions d’AstraZeneca» à l’initiative internationale Covax. Sur le plus long terme, le gouvernement souhaite «augmenter significativement et très rapidement le nombre de doses données à Covax», en y intégrant les autres vaccins – J&J, Pfizer et Moderna – «avant la fin de l’été». Pour rappel, Emmanuel Macron a déclaré dimanche soir que la France allait donner 60 millions de doses aux pays pauvres d’ici la fin de l’année.

En France, la campagne se poursuit à un rythme accéléré, avec environ 4 millions d’injections réalisées par semaine. L’ouverture de la vaccination aux mineurs provoque un «engouement assez fort», selon le ministère de la Santé. Une information observée dans les premiers chiffres communiqués ce mardi matin par la plateforme de réservation de créneaux Doctolib.

Janssen n’a «pas trouvé son public»

Des obstacles et inconnues demeurent toutefois, gênant le bon déroulement de la campagne. D’abord, Janssen n’a «pas trouvé son public» : avec un taux d’utilisation de 22% seulement, ce vaccin reste peu utilisé en France, une situation «vraiment dommage», que regrette le ministère. À titre de comparaison, le taux d’utilisation atteignait, dimanche soir, 89% pour Pfizer, 83% pour Moderna et 61% pour AstraZeneca. Le «manque de mobilisation» actuel sur Janssen se double d’une baisse du rythme d’écoulement des doses, observé la semaine dernière. De quoi alerter franchement l’exécutif.

Moderna, de son côté, n’est pas encore suffisamment utilisé en ville : la population générale n’est pas suffisamment au courant qu’elle peut recevoir ce vaccin par les médecins, pharmaciens, sages-femmes et infirmiers, déplore le ministère.

VOIR AUSSI – Olivier Véran salue le lancement de la vaccination pour les 12-17 ans

Dans les mois à venir, le gouvernement compte renforcer son arsenal, d’abord en intégrant Pfizer à la médecine de ville, aux côtés de Moderna, dès «la rentrée» prochaine. En outre, des «travaux qui vont aboutir très prochainement» devraient permettre aux médecins d’avoir la liste de leurs patients non vaccinés, afin de renforcer les dispositifs d’aller vers permettant de proposer largement les doses. «Cela nécessite une modification juridique, qui sera faite rapidement», précise-t-on.

Pour la rentrée scolaire, l’exécutif planche également sur des «dispositifs complémentaires» pour renforcer la vaccination des adolescents. Équipes mobiles, plages réservées en centre de vaccination… «Tout est ouvert», et étudié en lien avec le ministère de l’Éducation, note-t-on.

Leave a Reply