La différence entre droite et gauche reste encore « active et importante » en France – Le Monde

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Affiches de campagne pour l’élection présidentielle, à Strasbourg, en avril 2017.

On le croyait disparu, englouti par les stratégies populistes et le dépassement des partis dont toutes les familles politiques se réclament depuis près de dix ans et qui fut l’une des promesses de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Mais, à sept mois de l’échéance présidentielle de 2022, le clivage idéologique entre la droite et la gauche reprend des couleurs. C’est, en tout cas, l’un des principaux enseignements de l’enquête annuelle « Fractures françaises », réalisée depuis 2013 pour Le Monde par Ipsos-Sopra Steria, en partenariat avec le Centre d’études de la vie politique française (Cevipof), la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne.

Après un an et demi de pandémie due au coronavirus, les Français se réintéressent à la confrontation des différentes visions de la société face à une crise globale – sanitaire, économique et sociale – sans précédent. Et, si les notions de gauche et de droite restent toujours perçues comme dépassées, cette opinion est beaucoup moins partagée que lors de la précédente enquête : ils sont 62 % à y adhérer contre 71 % en 2020, soit une baisse de neuf points. A l’inverse, les notions de droite et de gauche sont toujours valables pour 38 % des personnes interrogées (29 % en 2020). Ce résultat est au plus haut depuis cinq ans.

Par ailleurs, les deux tiers des sondés estiment que de réelles différences persistent entre la gauche et la droite. A titre de comparaison, ils n’étaient que 45 % à le penser en 2019 et 63 % en 2020. « Le maximum de la polarisation entre peuple et élite qui écrasait le clivage entre la droite et la gauche est dépassé. Le moment est moins populiste qu’auparavant », explique Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France. Selon lui la différenciation entre la droite et la gauche reste encore « active et importante » chez les Français. Ces résultats sont, finalement, la confirmation de ce que l’on a pu observer lors des élections municipales de 2020 et surtout lors des régionales de 2021 où les « vieux » partis (Les Républicains, LR, et le Parti socialiste, PS) ont montré leur implantation et leur capacité à gagner des exécutifs locaux.

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Perception de l’immigration

Sans réelle surprise, le rejet du clivage droite-gauche est le plus important parmi les sympathisants du Rassemblement national, (RN, ex-Front national) : ils sont 68 % (contre 62 % en 2020) à le penser, en conformité avec l’axe stratégique de Marine Le Pen de se définir comme n’étant « ni de droite ni de gauche ». De la même manière, les électeurs écologistes estiment à 65 % que les notions de droite et gauche sont dépassées. Un sentiment en conformité avec le message d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Le parti au tournesol entend, en effet, placer l’écologie politique comme « nouveau paradigme » et fait de la défense de l’environnement la nouvelle frontière idéologique entre défenseurs et fossoyeurs de la planète.

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