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La démission de Jean-Paul Delevoye fragilise l’exécutif – Le Monde

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Jean-Paul Delevoye et Emmanuel Macron, président de la république participent à un débat sur le thème des retraites à Rodez, jeudi 3 octobre 2019

La situation était devenue intenable. Mis sous pression après la révélation de nouveaux « oublis » dans sa déclaration d’intérêts transmise à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le haut-commissaire en charge de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a finalement présenté sa démission, lundi 16 décembre. Celle-ci a été acceptée « avec regret » par Emmanuel Macron, à l’issue d’une réunion tenue en milieu de journée à l’Elysée entre le chef de l’Etat et son premier ministre, Edouard Philippe. L’architecte de la réforme des retraites quitte donc le navire en plein conflit social, alors que l’avant-projet de loi n’est pas finalisé. Un coup dur pour l’exécutif, susceptible de galvaniser ses adversaires.

Dans un communiqué, M. Delevoye s’est défendu en regrettant que « la richesse du dialogue social noué avec les partenaires sociaux » et la « confiance réciproque » entre les participants soit « fragilisée sous les coups d’attaques violentes et d’amalgames mensongers ». « En instrumentalisant mon procès, en réalité, on veut porter atteinte au projet, poursuit-il. (…) En me maintenant, je le fragilise. Mon erreur est d’une légèreté coupable. Je la paie. C’est la dure loi de la responsabilité, de l’exemplarité et de la transparence qui doit s’appliquer à tous, et à moi en particulier. »

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L’ex-chiraquien était, depuis un peu plus d’une semaine, au cœur d’une controverse qu’il a lui-même provoquée en omettant de mentionner plusieurs mandats dans sa déclaration d’intérêts à la HATVP et, surtout, en continuant d’occuper des fonctions rémunérées après son entrée au gouvernement. Un cumul interdit par l’article 23 de la Constitution. A droite comme à gauche, plusieurs responsables avaient exigé ces derniers jours que le haut-commissaire quitte ses fonctions, estimant qu’il n’était « plus crédible » pour diriger le chantier.

« Cruel et tragique »

Selon l’Elysée, c’est « de sa propre initiative » que M. Delevoye a décidé de s’en aller. « Il a estimé qu’il n’était plus à même de poursuivre sa tâche. Il ne voulait pas gêner le gouvernement, au moment où se déploie la réforme pour laquelle il a travaillé avec acharnement depuis deux ans », explique un proche du chef de l’Etat. Sur la période récente, plusieurs membres du gouvernement et des figures de la majorité s’étaient portés à sa rescousse, plaidant la « bonne foi » de l’intéressé. « C’est cruel et tragique pour lui de devoir s’effacer au moment où ses efforts arrivent à terme », estime un conseiller, saluant « la qualité et l’ampleur de la tâche » accomplie par M. Delevoye.

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