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La carte de paiement des demandeurs d’asile entre en vigueur ce mardi – Ouest-France

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La réforme de la carte bancaire des demandeurs d’asile est entrée en vigueur ce mardi 5 novembre. Cette carte associée à un compte sur lequel est versée chaque mois l’Allocation pour demandeurs d’asile (ADA) devient une carte de paiement uniquement et ne permet plus de retrait d’argent. Annoncée cet été et repoussée à l’automne, la mise en place de ce nouveau dispositif est dénoncée par les associations.

Des migrants évacués du square Daviais à Nantes, le 20 septembre 2019. Photo d’illustration. | JEROME FOUQUET – OUEST-FRANCE

  • Des migrants évacués du square Daviais à Nantes, le 20 septembre 2019. Photo d'illustration.
    Des migrants évacués du square Daviais à Nantes, le 20 septembre 2019. Photo d’illustration. | JEROME FOUQUET – OUEST-FRANCE

Depuis ce mardi 5 novembre, les demandeurs d’asile ne peuvent plus retirer d’argent liquide avec la carte bancaire mise à leur disposition pour retirer le montant de leur allocation. Cette carte devient uniquement un moyen de paiement.

La réforme avait été annoncée au creux de l’été, par un courriel aux gestionnaires d’établissements d’accueil de migrants, puis repoussée à l’automne, pour que ces opérateurs « puissent équiper toutes leurs structures en terminaux de paiement », selon un communiqué du ministère de l’Intérieur. Le dispositif a testé « avec succès » en Guyane, selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration (l’OFII).

L’ADA (Allocation aux demandeurs d’asile) est la seule aide perçue par les demandeurs d’asile. Elle peut aller d’environ 7 € par jour, soit quelque 200 € par mois pour un célibataire, à plus de 400 € pour un couple avec enfants.

Pour le gouvernement, le changement de dispositif a été pensé comme une mesure de protection. « Il y a une partie des demandeurs d’asile qui sont victimes de la pression de gangs de passeurs organisés pour qu’ils remboursent le “service” fourni par le passeur pour qu’ils arrivent jusqu’ici. Et nous pensons que la carte de paiement permettra de limiter ces pressions sur les personnes et au contraire, qu’elles pourront utiliser très directement l’allocation pour demandeurs d’asile, c’est-à-dire subvenir à leurs besoins », explique Didier Leschi, le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (l’OFII), cité par Franceinfo.

« L’ADA ne baisse pas, ça ne change rien sur le montant. Ça n’a aucun rapport avec des économies », avait aussi justifié Didier Leschi, dans le courant de l’été, justifiant plutôt la réforme par un constat pragmatique : « Les demandeurs d’asile sont en difficulté quand il leur reste moins de 10 € sur la carte, car ils ne peuvent plus retirer. Or, pour certains, 9 € ce n’est pas négligeable, ça peut faire 5 % de l’allocation ».

Levée de bouclier des associations

Dès l’été dernier, des associations avaient dénoncé ce changement de pratique, y voyant une mesure destinée à décourager le recours à cette aide versée à 130 000 personnes en 2018. Selon elles, ce changement allait également a à l’encontre des besoins des demandeurs d’asile.

Pour les associations, le nouveau fonctionnement avec 25 paiements mensuels autorisés (et 50 centimes par paiement facturés au-delà) risque de priver les utilisateurs d’argent liquide pour « les actes de la vie quotidienne », comme l’achat d’une baguette en boulangerie ou l’accès aux laveries automatiques.

« C’est une réforme qui a pour objectif de pourrir la vie des gens », déplorait en août dernier le patron de la Fnars, un des organismes qui avait cosigné fin juillet un courrier à l’OFII dénonçant une « entrave à la libre disposition de l’allocation » qui « limite les possibilités d’accès à un mode de vie normal le temps de l’instruction » de la demande d’asile.

Pierre Henry, directeur de l’association France terre d’asile, estimait pour sa part que cette mesure était « technocratique », « à rebours des nécessités et de la réalité du terrain » etincarnait « la loi de l’emmerdement maximum ».

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