La 5G ne présente « pas de risques nouveaux » selon l’Anses, qui recommande de poursuivre les recherches – Le Monde

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La nouvelle génération de réseaux mobiles 5G en cours de déploiement ne présente « pas de risques nouveaux » pour la santé, au vu des données actuellement disponibles, a estimé, mardi 20 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), dans un avis très attendu sur cette technologie controversée.

Le déploiement de cette cinquième génération du mobile, commencé au début de l’année, a déclenché des polémiques, alimentées par les propos du président Emmanuel Macron qui avait comparé les sceptiques aux « Amish » prônant un « retour à la lampe à huile ».

Les appels à un moratoire en attendant l’avis de l’Anses, saisie début 2019 par le gouvernement, s’étaient pourtant multipliés, certaines municipalités ayant même souhaité, voire voté comme à Lille, de telles mesures pour leur territoire.

L’avis arrive donc dans un contexte que l’agence qualifie elle-même de « controverse publique », d’autant que l’Anses avait déjà relevé dans un pré-rapport en janvier 2020 le manque de données scientifiques disponibles.

En savoir plus  : Sur la 5G, ce qui est vrai, ce qui est faux et ce qu’on ne sait pas encore

Poursuivre les recherches

Mais en s’appuyant notamment sur des travaux réalisés sur les fréquences utilisées pour les précédentes générations de téléphonie (700 MHz à 2,5 GHz) et qui servent également pour la 5G, l’agence estime « peu vraisemblable, à ce stade, que le déploiement de la 5G dans la bande de fréquence autour de 3,5 GHz constitue un nouveau risque pour la santé ».

Concernant l’exposition à la bande des 26 GHz, également utilisée pour la 5G mais pas encore attribuée en France, l’Anses estime qu’« à l’heure actuelle les données ne sont pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires ».

L’avis recommande donc de poursuivre les recherches sur l’exposition aux diverses fréquences d’ondes et leurs éventuelles conséquences sanitaires.

Dans un communiqué conjoint, les ministres concernés (écologie, économie, santé, numérique) ont estimé que le rapport de l’Anses « conforte les choix du gouvernement sur le lancement de la 5G » et se sont engagés à « renforcer les efforts de recherche sur (…) d’éventuels effets sanitaires », notamment sur la bande des 26 GHz.

Une multitude de possibilités

« Suivre l’exposition est extrêmement important », souligne Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques à l’Anses, d’autant que « l’on ne sait pas encore quels seront les nouveaux usages dont les utilisateurs vont s’emparer ».

Car du téléchargement vidéo quasi instantané aux véhicules et autres objets connectés, la 5G et sa puissance décuplée ouvrent une multitude de nouvelles possibilités, encore à inventer pour certaines.

C’est ce « tournant de l’innovation » qu’avait vanté le président Macron pour refuser un éventuel moratoire, pourtant demandé aussi par la Convention citoyenne pour le climat, qu’il avait lui-même convoquée, en attendant des études sanitaires et environnementales.

Le Haut Conseil pour le climat avait en décembre mis en garde sur le fait que la 5G était « susceptible d’augmenter significativement » l’empreinte carbone du secteur du numérique, recommandant de mieux évaluer l’impact de futurs sauts technologiques avant leur mise en œuvre.

Mais misant sur l’engouement habituel du public pour les avancées technologies et après des enchères qui ont rapporté près de trois milliards d’euros à l’Etat, les opérateurs télécoms se sont lancés dans le déploiement dès les derniers obstacles juridiques levés à la fin de décembre.

« Stupéfiante incertitude »

Les ONG Agir pour l’environnement et Priartem (association contre les risques liés aux technologies électromagnétiques), qui avaient contesté en justice le déploiement, ont, par ailleurs, fustigé mardi une nouvelle fois le « passage en force du gouvernement sans attendre les expertises ». D’autant que, pour elles, le rapport de l’Anses démontre la « stupéfiante incertitude » sur la 5G, avec « beaucoup de questions et peu de réponses ».

Consciente de ce reproche, l’agence conclut, par ailleurs, son avis en souhaitant qu’à l’avenir de telles études sanitaires soient réalisées « préalablement [au] déploiement » de technologies nouvelles.

Elle a également décidé de mettre son avis et le rapport de ses experts en « consultation publique » pendant six semaines. Les documents pourront éventuellement être complétés à la suite de cette consultation.

Le Monde avec AFP

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