Julien Bayou sort du silence et charge Sandrine Rousseau – Le HuffPost

Julien Bayou, accusé de violences psychlogiques sur son ex-compagne, a démissionné de la présidence de EELV.
THOMAS SAMSON / AFP Julien Bayou, accusé de violences psychlogiques sur son ex-compagne, a démissionné de la présidence de EELV.

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Julien Bayou, accusé de violences psychlogiques sur son ex-compagne, a démissionné de la présidence de EELV.

POLITIQUE – « Il n’y a pas d’affaire Bayou ». Après une semaine de silence, Julien Bayou, député EELV soupçonné de violences psychologiques sur une ex-compagne, se défend dans les colonnes du Monde ce mercredi 4 octobre. Et charge Sandrine Rousseau qui a médiatisé la parole de son ancienne compagne.

« Je suis dans la situation de quelqu’un innocent des faits dont on ne l’accuse pas », martèle le député de Paris. « Il n’y a pas d’accusation, je ne peux pas m’en défendre, et pourtant je suis présumé coupable », ajoute-t-il.

Selon les déclarations de sa collègue Sandrine Rousseau, le député a eu des « comportements de nature à briser la santé morale des femmes ». Ce qu’il dément fermement. « Pour définir les violences psychologiques, l’intention est un élément important. Cela repose sur des faits identifiables : des menaces, des intimidations, des moqueries, le fait de rabaisser la personne, de lui imposer des opinions. Il n’y a rien de tout cela. Il s’agit d’une rupture très douloureuse avec des souffrances partagées. Je ne suis pas l’auteur intentionnel des souffrances, réelles, de mon ex-compagne », se défend l’élu parisien.

Julien Bayou s’est mis en retrait de la co-présidence du groupe EELV au Palais Bourbon et a démissionné de son poste de Secrétaire national des Verts. Une décision prise « pour parler librement sans engager le collectif », affirme-t-il aujourd’hui.

Rousseau « est allée trop loin »

Les soupçons sur le comportement de Julien Bayou envers son ex-compagne ont été révélés au mois de juillet dans Le Figaro. Auprès de nos confrères, le député avait reconnu avoir été mis en cause par la cellule d’écoute sur les violences sexistes et sexuelles du parti. Depuis, plus rien.

Mais dans le sillage de l’affaire Adrien Quatennens chez LFI, le cas de Julien Bayou a été réévoqué par Sandrine Rousseau sur le plateau de C à Vous le 19 septembre. « Elle est allée trop loin. Et tout le monde le mesure », tacle aujourd’hui le député pour qui Sandrine Rousseau « dévoie » le féminisme.

« Il ne faut pas confondre féminisme et maccarthysme. Féminisme, oui évidemment, toujours. Le maccarthysme est un tout autre sujet. C’est dire : ’J’ai des listes d’hommes’, c’est porter des accusations que vous ne pouvez contredire, car il n’y a pas d’enquête », fustige Bayou pour qui « on ne balance pas à une heure de grande écoute la situation psychologique de quelqu’un qui souffre ou des accusations sans éléments. »

Deux jours plus tôt, sur le plateau de Dimanche en Politique, Sandrine Rousseau a assumé sa prise de parole : « Je ne regrette absolument rien et vous ne me ferez rien regretter. (…) J’ai répondu en tant que citoyenne, dans un moment où il fallait de la transparence », fait-elle valoir.

Bayou de retour à l’Assemblée

Les cas d’Adrien Quatennens – qui a reconnu des violences – et celui de Julien Bayou ont mis en lumière l’importance mais aussi les limites des cellules internes de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Auprès du Monde, Julien Bayou déplore ainsi n’avoir jamais pu se défendre des accusations dont il fait l’objet. Il affirme avoir demandé « à quatre reprises » à être auditionné, en vain.

Son ex-compagne n’a officiellement saisi la cellule que lundi 3 octobre. Elle souhaite désormais être entendue « sous certaines conditions assurant la sécurité des témoignages », a-t-on appris dans un communiqué diffusé par son avocate, qui précise que sa cliente a saisi la cellule « pour récupérer sa parole, parole totalement confisquée dernièrement – essentiellement par des hommes et leurs complices – au mépris de son existence », ajoute le communiqué de Me Élodie Tuaillon-Hibon.

Plusieurs voix au sein de la NUPES se sont dites favorables à un encadrement transpartisan, voire national, de la lutte contre les violences au sein des partis. Le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti est même allé plus loin, s’indignant de la création d’une « justice de droit privé » « extraordinairement dangereuse » pour la démocratie. Une ligne que rejoint Julien Bayou ce mardi : « Les organisations politiques au sens large peuvent se donner un cadre plus exigeant, mais dans le respect des personnes, de la vie privée, de la justice et de l’État de droit », réclame-t-il dans le Monde. En attendant, malgré sa mise en retrait, le député n’entend pas disparaître des radars. Il sera bel et bien à l’Assemblée nationale ce mardi pour « continuer à jouer son rôle de député ».

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