Jordan Bardella, futur président par intérim du Rassemblement national – Le Figaro

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L’ancienne tête de liste RN des européennes a été désignée premier vice-président du mouvement et doit en reprendre les rênes en septembre, le temps de la présidentielle.

Le suspense aura finalement été plus court que prévu. À vingt-six ans, Jordan Bardella vient de gravir un dernier échelon au sein du Rassemblement National. La tête de liste victorieuse des dernières européennes a été nommée par Marine Le Pen premier vice-président du mouvement ce dimanche, en marge du XVIIe congrès du RN réuni à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Une consécration pour le jeune homme, également arrivé en tête des suffrages des adhérents appelés aux urnes pour élire les membres du Conseil national. Un vote dont le classement qui en émane tient traditionnellement lieu de sondage de popularité chez les cadres.

«Jordan est un être politique pété de talent. S’il accède un jour à la plus haute fonction du mouvement, ce sera entièrement grâce à lui et à sa force de travail. Aux européennes, il a été bluffant», confiait déjà en janvier dernier Marine Le Pen. Une foi inébranlable en son poulain, que même sa récente déconvenue essuyée aux régionales en tant que tête de liste en Île-de-France n’aura pas entamée. Puisque en lui confiant le titre de premier vice-président, c’est en réalité la présidence du parti par intérim que tend Marine Le Pen à Jordan Bardella.

Celle qui a annoncé se mettre, dès septembre prochain, en retrait du parti pour mieux le dépasser et se concentrer sur sa campagne présidentielle a fait entériner par son mouvement de nouveaux statuts samedi. Ceux-ci permettent désormais à la présidente de «se mettre en disponibilité pendant un délai maximum de 12 mois en cas de candidature à l’élection présidentielle», et prévoient que c’est alors au premier vice-président d’en reprendre les rênes. Une décision qui ne manquera pas de faire un déçu, l’hôte des lieux, Louis Aliot, arrivé également deuxième en nombre de suffrages d’adhérents. Poussé par ses proches, le maire de Perpignan ne cachait pas ces derniers mois son ambition de reprendre les rênes du mouvement le temps de la campagne présidentielle.

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Persuadé que son importante victoire dans la plus grande ville jamais conquise par le RN depuis celle de Toulon en 1995, sa longévité et son positionnement à droite en faisait le profil idoine. «Louis Aliot a beaucoup d’indisponibilités. Maire c’est beaucoup d’obligations, qui plus est à 850 km de Paris. La direction d’un parti c’est du 24 heures sur 24, opposait pourtant samedi le conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier. Jordan Bardella a grandi dans le sein des seins du parti. Il est parfaitement adapté.»

Lors d’une prise de parole, samedi à la tribune du congrès, Jordan Bardella aura particulièrement appuyé son hommage au tombeur de Perpignan lors des municipales : «Cette victoire nous la devons au travail et à la détermination d’un chef : Louis Aliot, qui a su briser un plafond de verre qu’on disait infranchissable.» L’édile de la ville catalane pour consolation retrouve, cependant, son titre de vice-président qu’il avait abandonné au lendemain de la dernière présidentielle.

Outre les vice-présidents, le bureau exécutif, la plus haute instance dirigeante du mouvement, a également été renouvelé. Composée de dix membres, elle en comptera désormais quinze. Le magistrat issu de LR, Jean-Paul Garraud, Kevin Pfeffer, Philippe Olivier y font ainsi leur entrée, comme trois femmes : la conseillère régionale Edwige Diaz, l’eurodéputée Hélène Laporte ainsi qu’Alexandra Masson. L’eurodéputé Nicolas Bay ou le maire de Fréjus, David Rachline, y sont reconduits. Jean-François Jalkh a demandé à ne plus y siéger pour raisons personnelles.

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