Alors que se profilent les élections européennes, le premier secrétaire du PS a rappelé les « trahisons » envers les électeurs socialistes.

Par Sylvia ZappiPublié aujourd’hui à 01h05, mis à jour à 07h52

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Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, au nouveau siège du PS, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 8 janvier.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, au nouveau siège du PS, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 8 janvier. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les badges donnés à l’entrée du siège du Parti socialiste (PS) à Ivry (Val-de-Marne) annonçaient la couleur : « Devoir d’inventaire ». Comme un revival de l’année 1995, quand Lionel Jospin, alors candidat socialiste à la présidentielle, réclamait ce même devoir sur le bilan du septennat de François Mitterrand, en déclarant « n’est-ce pas l’attitude de la raison (…) de l’esprit critique et de progrès ? ». Olivier Faure s’est lancé, lundi 28 janvier, dans un exercice d’introspection quant au legs de François Hollande après la débâcle du scrutin de mai 2017. Avec des accents très accusateurs envers son ancien mentor.

L’enjeu était de taille : alors que se profilent les élections européennes, pour lesquelles son parti est à la peine, le premier secrétaire devait se délester d’un héritage très critiqué à gauche. Le député de Seine-et-Marne a fustigé la dérive d’un pouvoir qui est sorti de son « socle de valeurs ». Les mots employés ont été sévères, faisant écho aux nombreux reproches émis à l’intérieur du parti, mais aussi aux accusations du reste de la gauche. Dans un discours d’une quarantaine de minutes, M. Faure est allé loin dans l’exercice de contrition. « Je ne veux rien laisser sous le tapis », a-t-il averti.

D’emblée, le chef de parti a marqué ses désaccords avec un François Hollande qu’il essaie de maintenir à distance alors que le PS tente de retrouver des couleurs. A ses yeux, le malentendu avec les Français s’est noué dès la campagne de 2012 : le contrat passé promettait un « changement » trop flou, « sans définition claire des objectifs » et un logiciel politique « qui datait déjà ».

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L’espoir d’une gauche unie aux européennes

Pour ne pas trop mécontenter les amis de l’ancien président de la République, le numéro un socialiste a bien énuméré une à une les réformes positives du quinquennat : de la retraite à 60 ans pour les carrières longues au remboursement total de l’IVG ; du mariage pour tous au non-cumul des mandats ; des emplois d’avenir aux 54 000 postes créés dans l’éducation nationale. Mais cela n’a pas suffi à masquer le fait que les socialistes n’ont fait que « mettre des pansements sur des hémorragies », a regretté M. Faure.

« La vérité, c’est que nous n’étions préparés qu’à apaiser les douleurs les plus saillantes, pas à répondre aux mutations sourdes. »

La suite a relevé d’une repentance presque douloureuse. « Premier revirement » avec le CICE, « occasion manquée de la remise à plat fiscale », « blessure profonde » à propos de la déchéance de nationalité, « dernière année douloureuse » avec la réforme du code du travail… Autant de « ruptures inexplicables » et de « trahisons » pour les électeurs de gauche, a concédé le premier secrétaire. Si le ton est resté monocorde, les termes employés furent implacables. D’autant que M. Faure s’est refusé à accuser tel ou tel courant : légitimistes ou frondeurs, « le match a été perdu ensemble », a-t-il assuré.

Il restait au leader socialiste à ouvrir la porte pour faire entrer un peu d’espoir. Ce qu’il a fait en réitérant son intention d’unir la gauche aux européennes. « Il n’y a pas de gauches irréconciliables », a-t-il lancé dans une dernière allusion à la formule de Manuel Valls. Il aura au moins réussi à s’attirer les louanges tant de Boris Vallaud, qui a vanté la « lucidité de l’inventaire », que de Laurent Baumel : « C’est exactement ce que nous disions », a-t-il lancé tout sourire.

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Sylvia Zappi

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