« Je n’ai pas eu le sentiment de prendre la place de quelqu’un » : ces « non prioritaires » qui se font vacciner contre le Covid-19 – Le Monde

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Préparation d’une dose de vaccin du laboratoire Pfizer, au centre du Stade-Vélodrome de Marseille, le 15 mars.

Marie, Alain, Isabelle et Pierre sont des quinquagénaires parisiens en pleine forme. Mercredi 30 mars, un de leurs amis poste ce message sur leur groupe de discussion WhatsApp : « Pour ceux qui le souhaitent, il y a des doses de vaccins disponibles au centre médical Télégraphe à Paris 20e. Un rendez-vous toutes les dix minutes, n’hésitez pas. C’est une de mes voisines, médecin sur place, qui m’a demandé de lui envoyer des gens pour finir des doses. »

Les amis se ruent sur Doctolib, saisissent l’adresse du centre et, effectivement, les possibilités ne manquent pas. Seule question posée pour s’inscrire : « Avez-vous plus de 3 ans ? » Tous les quatre sont désormais vaccinés. « Je n’aurais même pas imaginé que ce soit possible », reconnaît Marie, heureuse d’avoir reçu, vendredi 2 avril, sa première injection d’AstraZeneca :

« Je leur ai précisé qu’il n’était pas question pour moi de prendre la place de quelqu’un de plus prioritaire, mais ils m’ont expliqué qu’ils n’avaient que dix personnes pour soixante doses et qu’il ne fallait pas les gâcher. »

Alors que le manque de doses est mis en avant pour expliquer la faible cadence des vaccinations au niveau national et qu’officiellement les injections sont pour le moment réservées aux plus de 70 ans et aux personnes ayant des comorbidités, le bouche-à-oreille, les « bons plans » ou la débrouille pour obtenir une injection, même si on ne remplit pas les critères, semblent se multiplier, notamment dans les grandes villes.

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« Surplus » des grands centres de vaccination

A Marseille, il y a eu, au début de la campagne, les pharmacies « qui piquaient tout le monde » dont on s’échangeait les adresses par texto. Mais les inquiétudes liées aux effets secondaires du vaccin AstraZeneca ont soudain rendu le filon moins attirant. Aujourd’hui, la solution pour les candidats « non prioritaires » passe par les « surplus » des grands centres de vaccination. Chaque jour, devant le Stade-Vélodrome, transformé en vaccinodrome municipal géant qui pique près de 1 500 personnes quotidiennement, les « chercheurs de dose » commencent à se réunir sur le coup des 16 heures. Un petit groupe hétérogène se poste devant la borne bleue et blanche géante marquant l’entrée du dispositif.

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La file d’attente devant le centre de vaccination contre le Covid-19 du Stade-Vélodrome de Marseille, le 15 mars.

Samedi 3 avril, ils sont encore une petite cinquantaine, hommes et femmes, venus là pour tenter de se faire vacciner avec les derniers flacons ouverts dans la journée. Ici, on ne pique qu’avec du Pfizer. « On a su par des copains qu’ils prenaient tout le monde », explique Marc, 56 ans, qui trépigne dans la file d’attente en se demandant s’il va « passer ».

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