Israël : la droite radicale se rallie au centre pour chasser du pouvoir Netanyahou – Le Figaro

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Naftali Bennett, le millionnaire à la tête du parti d’opposition de droite Yamina («à droite»), a annoncé son ralliement au centriste Yaïr Lapid pour construire un gouvernement sans Benyamin Netanyahou.

Le chef de la droite radicale va se joindre à une coalition anti-Netanyahou : il l’a annoncé ce soir lors d’une conférence de presse. «J’annonce que je vais tout faire pour former un gouvernement d’union avec mon ami Yaïr Lapid», a-t-il déclaré alors qu’il cultivait depuis plusieurs semaines le mystère sur son intention de joindre ou non le chef de l’opposition qui tente de former un «gouvernement d’union nationale» pour mettre fin au règne de Benyamin Netanyahou, le plus long de l’histoire de l’État d’Israël.

L’homme d’affaires avait réuni les cadres de son parti dimanche et, selon la presse israélienne, il avait reçu leur aval pour rejoindre Yaïr Lapid dans un «gouvernement du changement», selon l’expression consacrée par le clan anti-Netanyahou.

«Dans ces instants de vérité, il faut savoir prendre ses responsabilités», a-t-il ajouté dans un discours télévisé. «Yaïr et moi avons nos différences mais nous partageons l’amour de ce pays.» Les deux partis vont entamer dans la soirée des négociations pour formaliser leur accord, ont-il indiqué dans un communiqué. Selon les médias israéliens, un accord entre les deux hommes prévoit que Bennett prenne la tête du gouvernement pendant les deux premières années, avant de laisser sa place à M. Lapid.

Benjamin Netanyahou a cinglé dans la foulée ce projet de coalition, qui serait selon lui «un danger pour la sécurité de l’État d’Israël», en le qualifiant «d’arnaque du siècle».

Une majorité introuvable depuis mars

Le ralliement de Bennett, chef de l’opposition de droite radicale, au centriste Yaïr Lapid et au projet de «gouvernement du changement», constitue un évènement qui pousse vers la sortie Benyamin Netanyahou, qui a passé 15 ans au pouvoir.

L’État hébreu a tenu quatre élections législatives en moins de deux ans, chaque scrutin n’arrivant pas à départager Netanyahou de ses rivaux, ou à aboutir à un gouvernement stable. Après le dernier scrutin en mars dernier, le président israélien Reuven Rivlin avait chargé Netanyahou, dont le parti Likoud (droite) avait terminé en première position, le mandat de former un gouvernement.

Mais le Premier ministre sortant n’avait pas réussi à réunir le nombre nécessaire de 61 députés, sur les 120 du Parlement, afin de former le «gouvernement de droite» qu’il appelait de ses voeux, d’où le risque d’une nouvelle élection si M. Lapid n’arrive pas à former d’ici mercredi à minuit, date-butoir fixée par la loi, un gouvernement d’union réunissant la gauche, le centre et la droite.

«Ce serait soit les cinquièmes élections, soit un gouvernement d’union», a déclaré dimanche M. Bennett, disant qu’il n’était «pas possible» pour l’heure de former un gouvernement de droite «sous l’autorité de Netanyahou». Pour former un «gouvernement d’union nationale», aussi nommé «gouvernement du changement», il faudrait que M. Lapid rallie 61 députés et pour cela, il lui faut, outre le soutien de M. Bennett, celui d’au moins une des deux formations arabes israéliennes du pays : il n’a plus que quatre députés à rallier désormais.

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