Israël : état d’urgence à Lod après des « émeutes », tirs de roquettes du Hamas et du Jihad islamique, trois nouveaux morts – Le Monde

Spread the love
Un passant devant une voiture incendiée pendant des émeutes survenues à Lod dans la banlieue de Tel-Aviv, le 11 mai 2021.

L’escalade militaire entre le Hamas et Israël s’intensifiait, dans la nuit de mardi 11 à mercredi 12 mai, avec des centaines de roquettes lancées par le mouvement islamiste sur la métropole israélienne de Tel-Aviv et un déluge de feu de l’armée israélienne sur la bande de Gaza.

  • Des tirs de roquettes durant la nuit

L’armée israélienne a annoncé, mercredi matin, avoir mené une nouvelle série de frappes visant « des maisons qui appartenaient à des membres de haut rang » du Hamas sur la bande de Gaza. Le Hamas au pouvoir a, de son côté, assuré que ces frappes successives avaient détruit le quartier général de la police.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le drame israélo-palestinien, un conflit que le monde avait choisi d’ignorer

Le mouvement islamiste avait, plus tôt, déclaré avoir tiré plus de 200 roquettes, dont « 110 vers la métropole de Tel-Aviv » et « 100 roquettes » vers la ville de Beersheva, « en représailles à la reprise des frappes contre des immeubles habités par des civils ».

En représailles toujours, le Jihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, a tiré 100 roquettes depuis l’enclave palestinienne vers le territoire israélien à 5 heures, mercredi.

Dans le centre de la ville de Gaza, un immeuble de neuf étages comportant des habitations, des commerces et une chaîne de télévision locale, a été détruit. L’armée israélienne a confirmé y avoir ciblé un bâtiment, indiquant qu’il était utilisé par le Hamas pour ses activités de renseignement militaire.

  • Plusieurs morts durant la nuit

Un homme et une femme sont morts à Lod alors qu’ils se trouvaient dans une voiture, touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, a rapporté la police israélienne. La femme, dont l’âge n’a pas été donné, est décédée sur le coup, tandis que l’homme d’une quarantaine d’années a été déclaré mort à l’hôpital, selon la police qui n’a pas précisé s’ils étaient parents. Ces nouveaux décès portent à cinq le nombre de personnes tuées en Israël par des tirs de roquettes lancées depuis lundi soir par des groupes armés de Gaza.

Un Palestinien a également été tué dans des heurts avec l’armée israélienne dans le camp de réfugiés d’Al-Fawwar, près de la ville palestinienne de Hébron, a rapporté le ministère de la santé palestinien.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 35 morts parmi lesquels douze enfants, et au moins 230 blessés, selon le ministère de la santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes. En Israël, cinq personnes ont été tuées au total dans les tirs de roquettes et des dizaines d’autres ont été blessées, selon la police et les services de secours.

  • Etat d’urgence décrété à Lod

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a fait le déplacement à Lod, dans la banlieue de Tel-Aviv, mercredi, où il a décrété l’état d’urgence. Tard lundi soir, cette ville mixte – 77 000 habitants, dont 47 000 Juifs et 23 000 Arabes – avait été le théâtre de violents affrontements après la mort, la veille, d’un Arabe israélien.

Descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l’Etat juif en 1948, les Arabes israéliens forment environ 20 % de la population d’Israël, mais se disent régulièrement victimes de discrimination.

Mardi soir, alors que les manifestations se multipliaient à Jérusalem-Est, en Cisjordanie mais aussi dans des villes arabes israéliennes, la situation a dégénéré dans cette ville, selon les forces de l’ordre. « Des émeutes de grande ampleur ont éclaté du fait de certains résidents arabes, mettant en danger les habitants, a précisé la police dans un communiqué. Des véhicules ont été incendiés et des biens ont été endommagés. »

Pour épauler les forces de l’ordre locales, le gouvernement a déployé des unités de la police des frontières basées en Cisjordanie occupée, alors que, d’après des médias israéliens, trois synagogues et plusieurs commerces ont été incendiés dans cette ville. « Seize pelotons de la police des frontières ont été déployés dans le secteur afin de gérer les violences », a rapporté dans la nuit la police israélienne.

Lire aussi Surenchère entre Israël et le Hamas après une nouvelle journée de violences meurtrières

Des scènes de violence ont aussi eu lieu dans d’autres localités arabes israéliennes, comme à Acre ou à Wadi Ara, ou à Jisr A-Zarqa, près de Haïfa, où huit personnes ont été arrêtées, selon la police.

  • L’Organisation de la coopération islamique condamne Israël

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) « condamne dans les termes les plus forts les attaques répétées des autorités d’occupation israéliennes contre le peuple palestinien », a déclaré l’organe panislamique basé dans la ville saoudienne de Djeddah dans un communiqué mardi après une session d’urgence.

Lire aussi Israël-Palestine : le vertige du vide politique

L’Organisation a également condamné « la poursuite par les forces d’occupation israéliennes de leurs programmes coloniaux construction de colonies, tentatives de confiscation des propriétés palestiniennes, expulsion forcée des Palestiniens de leurs terres ».

La déclaration de l’OCI fait suite à la ferme condamnation d’Israël par l’Arabie saoudite pour ce qu’elle a appelé « les attaques flagrantes menées par les forces d’occupation israéliennes contre le caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa ».

Le Monde avec AFP

Leave a Reply