Investiture de Joe Biden : les soutiens de QAnon face au difficile « mur de la réalité » – Le Monde

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Joe Biden, devenu le 46e président des Etats-Unis, au Capitole de Washington, le 20 janvier 2021.

Jusqu’à la dernière minute, certains y ont cru. Il fallait continuer de « faire confiance au plan ». L’investiture de Joe Biden et de Kamala Harris ne pouvait pas avoir lieu ; Trump et ses alliés avaient forcément tout prévu. « A ceux qui doutent encore ce soir, rappelez-vous à quel point Trump est toujours des années-lumière en avance sur ses adversaires, écrivait, tôt le 20 janvier, l’influent conspirationniste québécois Alexis Cossette-Trudel. La séquence depuis l’élection a été minutieusement planifiée depuis au moins 2018 (…). C’est au tour des forces armées américaines de prendre le relais. Hooah ! Un monde meilleur est à nos portes. »

Dans la mythologie de la théorie du complot QAnon, une « tempête » (storm) doit, en effet, emporter simultanément, grâce à l’action secrète de Donald Trump, tous les membres d’une prétendue cabale d’élites corrompues. Le président américain, Joe Biden, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle Hillary Clinton et des dizaines d’autres responsables démocrates et de célébrités doivent être arrêtés simultanément par l’armée, pour répondre de leurs crimes. Selon cette théorie conspirationniste qui s’est largement propagée aux Etats-Unis et ailleurs en 2020, cela va de l’organisation de réseaux pédophiles à la fraude électorale durant l’élection présidentielle.

Lire notre dossier : QAnon : aux racines de la théorie conspirationniste qui contamine l’Amérique

La tempête a été maintes fois promise, sans qu’une date claire ne soit jamais énoncée, par « Q », ce compte en ligne anonyme qui publie ponctuellement des messages cryptiques censés guider ses partisans – et qui n’a pas donné signe de vie depuis un mois.

La tempête devait finalement se produire le 20 janvier, date de la cérémonie où Joe Biden est devenu le 46e président des Etats-Unis, affirmaient depuis plusieurs semaines les principales personnalités du mouvement. Avec un raisonnement simple : tous les membres du complot seraient rassemblés à Washington, où par ailleurs l’armée a été déployée ces derniers jours. Les militaires n’auraient plus qu’à procéder aux arrestations et Donald Trump pourrait reprendre le fauteuil de président que la cabale lui avait volé.

« Faire confiance au plan »

Durant toute la matinée, les partisans de « Q » ont donc attendu, en vain, l’annonce d’une arrestation de masse. Avec, pour certains, un doute qu’on sentait déjà poindre, ces dernières semaines : et si tout cela n’avait été qu’une arnaque ? Et si « Q » les avait trompés ? Sur un important canal de discussion Telegram consacré à QAnon, à quelques heures de la cérémonie, Anthony répond ainsi à Grey : oui, Donald Trump a échoué. « A moins que ça ne soit le plan depuis le début », continue-t-il néanmoins, perdu.

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