Interview du 14 Juillet : côté com, Macron cherche encore la bonne formule – Le Parisien

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C’est ce qu’on appelle une volte-face. Il y a encore quelques jours, Emmanuel Macron ne voulait pas entendre parler d’une interview du 14 Juillet à l’ancienne. « S’il y a bien une chose que je ne regrette pas d’avoir supprimée, c’est cette forme d’interview télévisée ! » plastronnait-il devant les siens. « C’est un exercice qui avait fini par s’user avec le temps, argumentait-il. Cela prenait trop d’importance sur les cérémonies militaires. Les journaux ne retenaient que les petites phrases… »

Sauf que le président de la République a finalement changé d’avis, optant pour un échange classique devant deux journalistes vedettes, Léa Salamé et Gilles Bouleau, conviés mardi dans la salle des fêtes de l’Elysée. Comme le faisaient ses prédécesseurs.

Casser les codes, c’est donc fini? « Non, on est dans un moment très particulier, insiste son entourage. On célèbre l’unité du pays face au Covid-19, donc une intervention le jour de la Fête nationale s’impose, mais rien ne dit qu’en 2021 Emmanuel Macron le refera. » Ses équipes avaient d’abord envisagé une intervention le dimanche 5 juillet pour parler aux Français avant les départs en vacances, avant de changer leur fusil d’épaule. « Un président, aujourd’hui, doit être souple, s’adapter à l’humeur du moment », résume un intime. Lequel reconnaît une limite à l’exercice : « Cela peut donner l’impression qu’on change de ligne en permanence ».

De la visite de l’Elysée à TikTok, il a presque tout essayé

C’est peu dire qu’Emmanuel Macron a tâtonné en matière de communication. Le chef de l’Etat a testé à peu près tous les formats possibles face aux Français, en quête de la formule optimale. Le président s’est tantôt exprimé depuis son bureau officiel, tantôt depuis son bureau d’angle, situé à l’entrée de ses appartements privés. Il a déambulé dans l’escalier Murat puis dans le vestibule du palais avec Laurent Delahousse en décembre 2017.

A l’occasion de son premier anniversaire au pouvoir, le président a répondu aux questions de Jean-Pierre Pernaut, le 12 avril 2018, dans le 13 heures de TF1, en direct d’une école primaire de l’Orne. Au palais de Chaillot, il a affronté trois jours plus tard les puncheurs Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, avec la tour Eiffel en toile de fond.

Entretien musclé avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, le 15 avril 2018, au Théâtre national de Chaillot à Paris./Blondet/ABC/Andia.fr
Entretien musclé avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, le 15 avril 2018, au Théâtre national de Chaillot à Paris./Blondet/ABC/Andia.fr  

Un festival! Auquel s’ajoute la conférence de presse post-grand débat le 25 avril 2019 – le président n’a pas recommencé l’exercice, trouvant les échanges trop superficiels. Ce jour-là, le chef de l’Etat est assis à un bureau, à l’emplacement prisé naguère par le général de Gaulle. Quand il n’est pas derrière une table, le chef de l’Etat se tient parfois debout, comme en pleine séquence des Gilets jaunes, pour les vœux du 31 décembre 2018. Ses stratèges voulaient alors montrer qu’il n’était pas acculé par les événements, mais prêt à rebondir.

Et que dire de ses prises de parole devant une tente militaire à Mulhouse (Haut-Rhin), où l’armée accueillait des malades du Covid-19, ou à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), en marge du G7 en août 2019? Il s’est aussi essayé au réseau TikTok, prisé des jeunes, à l’occasion des résultats du bac.

VIDÉO. Macron inaugure son compte TikTok en s’adressant aux bacheliers

« Il lutte contre l’ennui », s’esclaffe un ministre. Une chose est sûre, l’exécutif est bien décidé à intensifier ses messages en direction des Français. Jean Castex l’a dit à ses ministres, au séminaire gouvernemental de samedi 11 juillet : « Je vous demande de mettre à profit le fait que les cabinets ministériels seront plus étoffés pour que vous, vous assuriez un peu plus le suivi de la communication. » Reste à trouver le bon ton.

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