Inondations en Allemagne : dans les régions les plus touchées, la solidarité se met en place – Franceinfo

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En Allemagne, deux jours après les inondations meurtrières des 14 et 15 juillet, le bilan fait état désormais de 141 morts et de nombreuses personnes sont toujours portées disparues. Les Länder de Rhénanie-du Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat sont particulièrement touchées. Sur place, la solidarité s’organise. Les habitants sont très nombreux à répondre aux appels aux dons. Exemple à Bad Bodendorf, près de Bonn, dans un centre qui accueille des sinistrés sans-abri et collecte les dons.

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Cette fois, c’est un petit camion rempli jusqu’au toit de produits en tous genres qui s’arrête devant l’école transformée en centre d’hébergement d’urgence. Alvina, paire de bottes aux pieds, décharge la marchandise. “On a fait une collecte auprès de la famille et des amis et on apporte des dons, explique-t-elle. Il y a des couches de vêtements pour enfants, de la nourriture pour les animaux, tout ce qu’on a pu récupérer.”

“On habite dans un endroit qui n’a pas été touché, mais on se sent concernés. Pour nous, c’était évident qu’il fallait apporter de l’aide.”

Alvina, bénévole venue aider les sinistrés des inondations

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À l’accueil du centre, les membres de la Croix-Rouge sont épaulés par des bénévoles venus prêter main-forte. Certains viennent du nord de l’Allemagne, parfois de plus loin encore pour aider. Julia, 18 ans, prend note des besoins des sinistrés. “Ça brise le coeur de voir que des gens ont tout perdu, confie-t-elle. Tout est parti : leur maison, leurs affaires. Leur vie a volé en éclats. Je trouve ça bien qu’autant de gens se mobilisent. Ça va aider à surmonter rapidement cette catastrophe.”

Des réservoirs d'eau potable à Sinzig (Rhénanie-Palatinat) à 3 kilomètres de Bad Bodendorf (Allemagne) le 17 juillet 2021. (Sébastien Baer)

Pour recevoir ceux qui ont tout perdu, les salles de classe de l’école ont été divisées en petites chambres. C’est dans l’une de ces chambres que dorment depuis trois nuits Manfred, 70 ans, son épouse et son petit-fils de 14 ans. Manfred raconte : “Il y a eu beaucoup d’eau, il n’y a plus de route. Ils nous ont évacués par haut-parleur : ‘Partez, partez, partez.’ Impossible de retourner chez moi, on n’a pas le choix. C’est dur, mais ici, les gens sont gentils.”

D’autres habitants, moins durement touchés, ont pu rester chez eux. Mais privés d’eau courante, ils viennent chercher des bouteilles d’eau minérale. Jessica est venue à vélo avec sa fille. Elle repart avec une paire de bottes et des gants pour nettoyer sa maison et son garage. “Il n’y a plus de pont, on ne peut plus prendre la voiture donc il faut aller à pied ou à vélo, témoigne-t-elle. “On a fait 2 km, on n’a plus d’eau, plus d’électricité, on s’éclaire à la bougie … On a eu de l’eau avec les pompiers pour nos toilettes et pour pouvoir nous laver. Tout ça c’est dur à imaginer quand tout va bien, on ne se rend pas compte.”

L’élan de solidarité est tel que les responsables d’un bâtiment voisin qui récupéraient des meubles ont stoppé leur appel aux dons. Il n’y avait plus de place pour entreposer le matériel déposé pour les sinistrés.

Après les inondations, la solidarité s’organise en Allemagne : reportage de Sébastien Baer

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