Ingenuity : le premier hélicoptère martien se prépare au décollage

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Si l’arrivée du rover Perseverance de la NASA à la surface de Mars a grandement occupé le paysage médiatique au cours du mois de février, le rover en a presque fait oublier son petit frère, « l’hélicoptère » « Ingenuity ». Plus proche d’un drone que d’un véritable hélicoptère, le minuscule bijou de technologie — il ne mesure que 14x20cm pour moins de 2 kilogrammes — était solidement attaché au « ventre » du rover Perseverance au cours de la descente dans l’atmosphère martienne, le 18 février dernier.

Depuis le petit drone était resté sagement cramponné à son rover, et il n’a « atterri » sur le sol martien qu’au début de cette semaine. Une chute d’une dizaine de centimètres qui était pourtant une étape assez délicate pour l’hélicoptère. Au-delà du « saut » en lui-même, il fallait surtout que le rover Perseverance s’écarte le plus rapidement possible de lui, afin de le laisser charger ses batteries au maximum avant la nuit.

Car si Elon Musk rêve de se rendre un jour sur Mars, la planète rouge n’est pas particulièrement accueillante. Qui plus est quand la nuit tombe sur notre voisine. Les températures atteignent alors les -90 degrés et même des petits robots comme Perseverance ou Ingenuity ont besoin de se réchauffer, s’il ne veut pas geler au cours de la nuit martienne.

L’enjeu de la première nuit

Toute la mission de cette première journée se résumait donc en une course contre la montre. Le petit panneau solaire de 500 cm² devait remplir le petit rapidement possible les six batteries de l’hélicoptère.

À l’image d’un nourrisson, la première nuit fut donc la plus stressante pour les ingénieurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory) qui travaille sur la conception du drone depuis près de huit ans. Finalement les radiateurs ont parfaitement fonctionné et les batteries avaient suffisamment d’énergie pour maintenir l’hélicoptère au-dessus de zéro degré jusqu’au premier rayon du soleil.

Après avoir réussi cette première nuit en totale autonomie, Ingenuity va maintenant subir une batterie de tests en tout genre, moteurs et capteurs vont être mis à l’épreuve pour savoir si un premier vol est réalisable dans la très fine atmosphère martienne.

L’exploit d’un premier vol

Dans cet environnement si différent de ce que nous connaissons sur Terre — l’atmosphère de Mars équivaut à 1 % de l’atmosphère terrestre — le premier vol de l’hélicoptère risque d’être une des expériences les plus complexes de cette mission. Il est en effet impossible pour les équipes du JPL de contrôler le drone en direct. Ce dernier devra se débrouiller seul, et mener son vol selon les informations que lui donnent ses capteurs.

Selon MiMi Aung, la directrice du projet au sein du laboratoire américain, ce tout premier vol pourrait avoir lieu le 11 avril prochain.

Si tel est le cas, ce serait la première fois de l’histoire qu’un objet humain parvient à décoller depuis la surface d’une planète autre que la nôtre. Si les Soviétiques avaient en effet réussi à larguer un ballon dans l’atmosphère vénusienne, rien n’a jamais quitté le sol de nos voisines.

En guise de clin d’œil historique, la NASA avait choisi peu avant le décollage d’accrocher un morceau de toile à Ingenuity. Ce dernier provient d’une des deux ailes de l’avion des frères Wright, qui en 1903 était devenu le tout premier avion à voler dans le ciel terrestre. Le 11 avril prochain, ce morceau de tissu pourrait être le témoin privilégié du premier vol martien de l’histoire, 118 ans après avoir quitté le sol terrestre pour la première fois.

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