Informatique quantique : la France met 1,8 milliard d’euros sur la table pour un plan de cinq ans

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Informatique quantique : la France met 1,8 milliard d’euros sur la table pour un plan de cinq ans

Emmanuel Macron doit présenter ce jour au plateau de Saclay (Sud de Paris) un plan d’investissement national de 1,8 milliard d’euros dans les technologies quantiques. L’enveloppe regroupe à la fois les efforts de l’Etat et des organismes affiliés (1,05 milliard d’euros), des crédits européens (200 millions d’euros) et des financements du secteur privé (550 millions).

“L’Université Paris-Saclay joue un rôle majeur dans le domaine des sciences et technologies quantiques en France et dans le monde” peut-on lire sur le site de l’université locale. “Paris-Saclay a développé un partenariat académie-industrie très fructueux de longue date et a vu naître plusieurs des start-up de la seconde révolution quantique”.

Le plan français prévoit de consacrer une enveloppe de près de 800 millions d’euros aux seuls ordinateurs, qu’il s’agisse des premières machines devant voir le jour (simulateurs et machines partiellement quantiques, 350 millions d’euros), ou bien de celles qui apparaîtront à plus long terme (ordinateurs quantiques à part entière, 430 millions d’euros).

Les autres enveloppes seront consacrées aux capteurs (250 millions d’euros), à la cryptographie post-quantique (150 millions d’euros), aux communications quantiques (320 millions d’euros) et aux technologies annexes qui permettent de construire les équipements quantiques (cryogénie par exemple, 300 millions d’euros).

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Financer « une centaine de bourses de thèse et une cinquantaine de contrats post-doctoraux »

La France passera ainsi « de 60 millions d’euros par an » de dépenses publiques pour le quantique à « 200 millions par an, ce qui la placerait à la troisième place derrière les Etats-Unis et la Chine », selon un conseiller de l’Elysée cité par l’AFP, qui chiffre, par exemple, à 400 millions de dollars l’effort public annuel des américains. Cela sans compter les investissements des entreprises privées américaines, dont IBM, Google ou encore Microsoft.

Selon l’Elysée, les crédits publics annoncés viendront pour moitié du Programme d’investissement d’avenir et pour moitié des différents établissements de recherche impliqués dans le quantique (Inria, CNRS, CEA…).

Le plan quantique doit notamment permettre de financer « une centaine de bourses de thèse et une cinquantaine de contrats post-doctoraux », auxquels pourront venir s’ajouter « une dizaine d’excellents chercheurs qu’on pourrait faire venir par an », selon un conseiller de l’Elysée.

Construire des ordinateurs de nouvelle génération

Les technologies quantiques doivent permettre de construire des ordinateurs de nouvelle génération dont les capacités de calcul sont bien plus importantes que celles des plus puissants supercalculateurs actuels. De quoi permettre de nouvelles applications industrielles.

En décembre dernier, une équipe de recherche en Chine a atteint la suprématie quantique en utilisant un ordinateur quantique photonique. De quoi remettre en question la domination de Google et IBM sur ce secteur.

En septembre dernier, IBM, un des pionniers de l’informatique quantique, IBM a présenté une nouvelle feuille de route après avoir atteint son volume quantique le plus élevé à ce jour. Sa roadmap comprend un dispositif de 1.121-qubit (pour une sortie prévue en 2023) ainsi que des composants et des systèmes de refroidissement. L’objectif d’IBM est de construire un système quantique d’un million de bits. L’entreprise considère la barre des 1 000 qubits comme un point de basculement pour surmonter les obstacles qui limitent la commercialisation des systèmes quantiques.

Multiplication des initiatives privées

Pour IBM, sa feuille de route quantique est d’autant plus essentielle car la concurrence sur le marché encore naissant s’intensifie. Honeywell a récemment présenté ses systèmes quantiques et il existe une multitude d’acteurs, dont Google, IBM et son système Q, Microsoft, Intel, AWS et d’autres qui cherchent à commercialiser leurs produits sous une forme ou une autre.

De son côté, Toshiba a annoncé le déploiement prochain de plateformes commerciales de distribution de clés quantiques (QKD – quantum key distribution) en vue de s’assurer une part de marché qui devrait atteindre 20 milliards de dollars d’ici 2035.

Tout comprendre à l’informatique quantique

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