INFOGRAPHIES. Surmortalité, chute de l’espérance de vie, recul des mariages… Comment l’année 2020 a affecté la – franceinfo

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C’est une édition historique. L’Insee publie, mardi 19 janvier, son bilan démographique annuel, marqué par l’effondrement de plusieurs indicateurs du fait de l’épidémie de coronavirus. A partir d’estimations réalisées courant novembre, l’Institut national de la statistique dresse le tableau ainsi d’une France de 67,4 millions d’habitants ébranlée par la crise sanitaire.

La croissance de la population ralentit

Au 1er janvier 2021, la France comptait 67 422 241 habitants, soit 135 000 de plus en un an. Cette hausse estimée de 0,25% de la population s’inscrit dans une tendance au ralentissement par rapport aux bilans 2019 (0,34%), 2018 (0,35%) et 2017 (0,48%).

Cette progression est due principalement au solde migratoire (+87 000 personnes). C’est une nouveauté, car la croissance de la population française était jusqu’ici portée par le solde naturel, la différence entre le nombre de naissances et le nombre de morts.

Le solde naturel s’effondre

Si les naissances restent plus nombreuses que les décès, jamais l’écart n’avait été aussi faible. Selon les chiffres publiés mardi, 740 000 bébés sont nés en 2020 en France (-1,8% par rapport à 2019) et 658 000 personnes ont perdu la vie (+7,3%). [Cette mortalité est sans doute sous-estimée : les dernières données de l’Insee font désormais état de 667 000 décès, soit un bond de 9%.]

Les femmes font toujours moins d’enfants

Entamé depuis une décennie, le recul des naissances en France s’accélère (-1,8%, contre -0,7% un an plus tôt). En 2020, les femmes ont en moyenne 1,84 enfant, contre 1,86 en 2019.

Pour autant, la France reste le pays le plus fécond de l’Union européenne, selon les dernières comparaisons réalisées avec les chiffres de 2018. Les Françaises avaient alors 1,87 enfant, devant les Suédoises et les Roumaines (1,76). La moyenne était de 1,56. Malte, l’Espagne et l’Italie fermaient la marche avec des niveaux inférieurs à 1,3.

L’espérance de vie recule

La crise du Covid-19 “a fait perdre 0,4 an d’espérance de vie aux femmes et 0,5 an aux hommes”, écrit l’Insee. La durée de vie moyenne calculée sur la base des conditions de mortalité en 2020 n’est plus que de 85,2 ans pour les femmes et de 79,2 ans pour les hommes. Cette baisse est deux fois plus importante qu’après la grippe hivernale de 2015 et sans équivalent dans l’histoire récente.

Le nombre de mariages plonge

En 2020, la France n’a célébré que 148 000 mariages civils (dont 4 000 entre personnes du même sexe), soit 34% de moins que l’année précédente. Par ailleurs, comme chaque année, le nombre de Pacs n’est connu qu’avec un an de retard : le cru 2019 a été marqué par un recul de 7% des pactes civils de solidarité.

Insistant sur la “chute historique” du nombre de mariages l’an dernier, l’Insee rappelle que la pandémie a “empêché la tenue des célébrations ou incité à les repousser en raison de la limitation du nombre d’invités”. En avril 2020 par exemple, huit unions ont été célébrées en moyenne par jour, contre 518 en 2019.

Reste à savoir dans quelle mesure l’année 2021 sera marquée par un rattrapage de ces unions retardées – si elles n’ont pas été annulées.

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