INFOGRAPHIES. Rapport du Giec : comment le climat mondial a déjà changé depuis la première alerte des scientif – franceinfo

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“Les émissions résultant des activités humaines augmentent considérablement les concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre.” Cette phrase, extraite du premier rapport du Giec* (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), date de 1990. Depuis, cet organisme lancé par les Nations unies pour évaluer les informations scientifiques sur le réchauffement climatique, ses risques et le rôle de l’activité humaine a publié quatre autres rapports. Lundi 9 août, c’est le premier volet de son sixième rapport, attendu pour l’automne 2022, qui est rendu public. Il devrait, une nouvelle fois, donner des arguments à ceux qui appellent à agir plus rapidement contre le changement climatique. Car ce dernier a déjà largement commencé et le climat n’est plus celui d’il y a 30 ans. Franceinfo vous propose de visualiser cette évolution en graphiques.

Des émissions de dioxyde de carbone toujours en hausse

Première cause du réchauffement climatique, les émissions humaines de gaz à effet de serre n’ont pas baissé depuis 1990. C’est même tout l’inverse : la production annuelle de CO2 a bondi de 63%, atteignant aujourd’hui plus de 36 gigatonnes, selon la Banque mondiale. Cette augmentation est un peu moins rapide depuis 2010 que lors de la décennie précédente. Mais, pour limiter le réchauffement au seuil recommandé de +1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, les experts réunis en 2015 à la COP21 estimaient que l’humanité ne pouvait pas dépasser les 580 gigatonnes d’émissions. Cela signifie que 25% de ce volume théorique a été  émis… en seulement quatre ans.

Avec une telle production, ce CO2 ne peut pas être entièrement absorbé par la planète. Sa concentration augmente donc rapidement dans l’atmosphère. En 30 ans, ce niveau est passé de 355 parties par million à 412, soit une hausse de 16%, selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA)*. Quant au CO2 absorbé par la planète, le phénomène n’est pas sans conséquence : “Un quart des émissions sont absorbées par les océans, ce qui les acidifie. Cette acidification a des impacts directs sur la faune, comme le blanchiment des coraux ou la fragilisation des animaux à coquille”, souligne Joël Guiot, directeur de recherche au Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement.

Déjà +1 °C à l’échelle mondiale

C’est sans doute l’indicateur le plus scruté : la hausse des températures. Sur le graphique, la courbe rouge représente la différence par année et la noire est une moyenne lissée qui permet de voir plus clairement l’évolution.  D’après les données de la Nasa*, par rapport à la période 1950-1980, la hausse des températures au niveau mondial atteint déjà +1 °C et Joël Guiot pointe les disparités cachées de cette moyenne, affirmant qu'”au niveau des hautes altitudes, le réchauffement atteint déjà +3 °C”. Sur les dix dernières années, la hausse globale s’élève à +0,35 °C. Cela signifie qu’au rythme actuel, la barre critique des +1,5 °C, qui réduirait les risques et les conséquences du réchauffement, serait franchie dès 2035. 

Une fonte des glaces qui s’accélère depuis 2007

Les effets du changement climatique se voient aussi sur la présence de glaces à la surface de la Terre. Ce graphique représente la surface minimale gelée par année dans l’hémisphère nord, selon le National Snow and Ice Data Center*. Le constat est frappant : les 14 niveaux les plus bas enregistrés depuis le début des années 1980 correspondent aux 14 dernières années. En 2020, la surface gelée dans l’hémisphère nord est descendue en dessous des 4 millions de kilomètres carrés ; dans les années 1990, cette surface minimale annuelle était en moyenne de 6,4 millions de kilomètres carrés. “Cette accélération de la fonte des glaces est le résultat d’un cercle vicieux : la hausse des températures fait fondre les glaces, et comme la glace réfléchit normalement les rayons du soleil, sa disparition entraîne une absorption plus grande de cette chaleur solaire, et donc une hausse des températures”, détaille Joël Guiot.

Une hausse du niveau de la mer de 9 cm en 30 ans

Autre conséquence de cette fonte des glaces : la hausse du niveau de la mer. Là encore, cette augmentation, de l’ordre d’environ 9 centimètres en 30 ans, est très nette et continue, rapporte la NOAA*. Si cette montée de quelques centimètres peut sembler négligeable, Joël Guiot explique que “lors de tempêtes ou de phénomènes de submersion marine, ces centimètres suffisent pour permettre à l’eau d’avancer beaucoup plus loin dans les terres. En France, une région comme la Camargue est particulièrement sensible à cette hausse.”

* Les liens suivis d’un astérisque sont en anglais.

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