Incendies : Elisabeth Borne et Gérald Darmanin en Gironde, cinq pays européens vont apporter leur aide, annonce Emmanuel Macron – Le Monde

Des pompiers travaillent sur l’incendie près de Saint-Magne, au sud de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, mercredi 10 août 2022.

Le gigantesque incendie de Landiras (Gironde) qui s’est déclenché en juillet, et qui « a repris au niveau de la commune de Saint-Magne » mardi après-midi, a continué sa progression mercredi et « s’est étendu au département des Landes ». Jeudi 11 août au matin, la préfecture de Gironde a fait savoir qu’il avait déjà brûlé 6 800 hectares dans le secteur d’Hostens.

Soucieux de démontrer la mobilisation du gouvernement et afin de « saluer l’engagement » de l’ensemble des forces mobilisées, la première ministre, Elisabeth Borne, et le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, étaient en déplacement à Hostens en fin de matinée. 50 000 hectares ont brûlé en France depuis le début de l’année, selon des données satellitaires européennes.

De son côté, le président Emmanuel Macron a annoncé en fin de matinée que cinq pays européens, l’Allemagne, la Grèce, la Pologne, et, « dans les prochaines heures », la Roumanie et l’Autriche, allaient prêter main forte aux pompiers français, déjà fortement mobilisés.

« La France a activé le mécanisme “EU Civil Protection” de lutte contre les incendies de forêt. Nous avons dépêché quatre avions de notre flotte de pompiers rescEU [réserve de capacités du mécanisme de protection civile de l’Union européenne] positionnés en Grèce et en Suède », a précisé la Commission européenne sur Twitter quelques minutes plus tard. L’institution ajoute que « les équipes de pompiers du Danemark, de Pologne, d’Autriche et de Roumanie sont en route pour soutenir les premiers intervenants ».

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« Fortes suspicions » que les reprises de feu soient « le fait d’incendiaires »

Sur le terrain, « près de 1 100 sapeurs-pompiers sont engagés », a fait savoir la préfecture de Gironde, précisant que des « renforts supplémentaires » étaient encore attendus. Des Canadair, Dash et hélicoptères bombardiers d’eau sont déployés tandis que des militaires sont aussi en renfort sur le terrain pour aider à lutter contre le feu et sécuriser la zone.

Selon la préfecture du département, « les conditions sont particulièrement difficiles » en raison des températures caniculaires, qui « devraient se maintenir jusqu’à samedi et se conjuguent avec un air très sec », ce qui crée un « risque très sévère d’éclosion de feu ».

Mercredi soir, l’incendie « très vigoureux », selon les mots du préfet délégué pour la défense et la sécurité en Gironde, Martin Guespereau, était « toujours en progression », au sud et à l’est de Landiras, ayant ravagé 6 200 hectares. « Le combat est extrêmement ardent (…). Qu’est-ce qu’il en est pour la nuit ? Le feu nous a habitués à nous surprendre », a alors déclaré M. Guespereau. Il a ajouté que « la météo [était] extrêmement défavorable », expliquant que « le feu du mois de juillet ne s’est jamais arrêté » et « s’est enterré dans la tourbe ».

« Le feu s’est élargi de tous les côtés et, avec la hausse des températures, on a un feu qui a explosé à certains endroits », notamment vers le nord en direction de Belin-Béliet, qui est « menacé », a expliqué le directeur départemental des pompiers de la Gironde, Marc Vermeulen. « Aucune victime » n’est pour l’instant à déplorer parmi les habitants, mais la « lutte tous azimuts » contre les flammes a fait deux blessés légers et « un blessé plus sérieux » parmi les pompiers, selon le préfet délégué. Depuis mardi, dix-sept habitations et deux camions de pompiers ont été détruits par les flammes.

L’incendie fait rage autour de Belin-Béliet (Gironde), le soir du 10 août 2022.

Près de 10 000 personnes ont été évacuées entre mardi et mercredi soir. Alors que le front de l’incendie s’est dirigé mercredi matin vers l’axe autoroutier, l’autoroute A63 a été fermée le soir dans les deux sens, était-il noté sur le compte Twitter de l’autoroute, qui publie des mises à jour régulières. « Cette fermeture est nécessaire, car les fumées sont poussées vers l’A63 et posent des problèmes de visibilité », avait déclaré le sous-préfet plus tôt.

Selon M. Darmanin, en déplacement mercredi en Aveyron, théâtre d’un autre incendie d’ampleur,, il y a « de grandes suspicions » que les reprises de feu à Landiras soient « le fait d’incendiaires » à en juger les « quelques centaines de mètres d’intervalle » des départs de feu constatés dans la matinée, un phénomène « inhabituel ».

Le ministre avait annoncé, avant son déplacement, le renforcement des moyens de lutte avec « plus de mille sapeurs-pompiers, neuf avions et deux hélicoptères bombardiers d’eau » engagés contre les flammes. Depuis l’Aveyron, il a précisé avoir « fait un appel à nos amis européens », la Suède et l’Italie prêtant des avions. Selon M. Darmanin, « tout nous montre que nous aurons dans les semaines à venir encore de nombreuses difficultés ».

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Recours à des « feux tactiques » pour stopper l’avancée du feu

« La situation est très défavorable. Nous maintenons l’ensemble des moyens disponibles au sol pour toute la nuit, avec de nombreuses défenses de points sensibles à venir », soulignait déjà mardi le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse, officier de communication au service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Gironde.

Les pompiers ont notamment recours à des « feux tactiques » pour créer des zones tampons et stopper l’avancée du feu. Lors des opérations, « un camion et trois véhicules légers ont été détruits mais aucun pompier n’a été blessé », a précisé le lieutenant-colonel.

Ces reprises de feu à Saint-Magne et Hostens constatées vers 13 heures mardi, « à la faveur de conditions météorologiques défavorables », selon la préfecture de la Gironde, se situent à une vingtaine de kilomètres de Landiras, l’épicentre du gigantesque feu qui a englouti près de 14 000 hectares de forêt en juillet et qui n’est toujours pas « maîtrisé » à ce jour.

« Ce sont des points chauds qui se sont réactivés en début d’après-midi [mardi], aux heures les plus chaudes de la journée », a expliqué mardi dans l’après-midi le SDIS de Gironde, décrivant un « feu assez rapide » attisé par des vents chauds.

En Gironde, à Cabanac, au nord de Landiras, une autre reprise de feu a également eu lieu mardi à 15 heures. Prise en charge par quatre-vingts pompiers et des moyens aériens, elle a détruit 20 hectares de forêt mais ce feu « ne progress[ait] plus » mardi soir, selon le SDIS. La situation est par ailleurs « favorable » et le feu « fixé » à Sainte-Hélène dans le Médoc, où 15 hectares de forêt sont partis en fumée mardi après-midi vers 15 h 45, mobilisant une centaine de pompiers et des moyens aériens.

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Avec le retour cette semaine des fortes chaleurs en Gironde, placée en vigilance orange canicule, les pompiers ont eu à traiter pour cette « journée difficile » de mardi pas moins de « dix feux de forêt (…) avec des surfaces allant de quelques milliers de mètres carrés à plusieurs hectares », sur l’ensemble du département, a souligné le lieutenant-colonel Mendousse. « Nous avons fait appel à l’ensemble de nos effectifs de garde et d’astreinte et à des personnels de réserve », a-t-il ajouté. La préfecture de la Gironde a activé un centre opérationnel départemental.

Le Monde

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