Durement critiqué pour sa gestion de la communication autour de l’incendie, Pierre-André Durand, préfet de Normandie, était auditionné par la mission d’information de l’Assemblée nationale.

Par Publié aujourd’hui à 21h54 – Mis à jour le 31 octobre 2019 à 00h07

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Le SMS plutôt que la sirène… C’est en faveur d’une modernisation du système de communication de crise qu’a plaidé le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, mercredi 30 octobre, lors de son audition devant la mission d’information de l’Assemblée nationale présidée par le député (PS) de Seine-Maritime Christophe Bouillon.

Cette mission a été créée début octobre pour « tirer des enseignements » et « faire la lumière » sur l’incendie hors norme qui a ravagé en pleine nuit les sites industriels Lubrizol et Normandie Logistique, le 26 septembre, à Rouen. L’origine du sinistre, qui n’a fait aucune victime mais a réduit en fumée 9 505 tonnes de produits chimiques, demeure inconnue. Mardi 29 octobre, une information judiciaire confiée à trois magistrats du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris a été ouverte.

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« Nous ne pouvons pas gérer des crises du XXIe siècle avec un outil du XXe siècle, a argué le préfet Durand, mercredi, rappelant que le système de sirènes en vigueur est issu de celui de « la défense passive des années 1930 ». Durement critiqué pour sa gestion de la communication autour de l’incendie par une population inquiète et furieuse, le représentant de l’Etat a affirmé devant les députés que la crise avait été « bien gérée sur le plan opérationnel » mais que les outils de communication étaient « éminemment perfectibles ».

Il a ainsi expliqué avoir pris « la moins mauvaise décision » en n’actionnant pas immédiatement les trente et une sirènes du plan particulier d’intervention de Rouen et en attendant 7 h 51, heure du « départ des gens au travail », pour activer, les deux sirènes les plus proches du site Lubrizol, le jour du sinistre.

« Contre-productif de déclencher les sirènes »

« J’ai fait le choix de mettre le paquet sur l’information directe de la population, sous forme de tweets et de conférences de presse, d’essayer de communiquer au maximum pour expliquer ce qui se passait et indiquer les bons comportements à adopter, a développé M. Durand. (…) J’ai considéré que déclencher les sirènes était contre-productif alors que la population était, de fait, confinée et à l’abri, puisque nous étions en pleine nuit. »

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