Incendie de la cathédrale de Nantes : le bénévole soupçonné aux prémices de l’enquête présenté à un juge – Le Monde

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Un incendie s’est déclaré dans la cathédrale de Nantes, le 18 juillet.

Une semaine jour pour jour après l’incendie de la cathédrale de Nantes (Loire-Atlantique), l’homme de 39 ans placé en garde à vue peu après le sinistre, puis relâché, a de nouveau été interrogé par les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes samedi 25 juillet.

L’homme a été présenté à un magistrat instructeur ce samedi à 20 h 45. Le parquet de Nantes a demandé sa mise en examen pour « dégradations et destruction par incendie de biens immobiliers » et requis son placement en détention provisoire, a indiqué le procureur de la république de Nantes, Pierre Sennès, au Monde, confirmant une information de Presse Océan.

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Ce bénévole, qui travaillait depuis « quatre ou cinq ans » pour le diocèse de Nantes, selon le recteur Hubert Champenois, devait fermer les portes de l’édifice le vendredi 17 juillet, quelques heures avant que le feu ne se déclare en trois endroits espacés, à l’intérieur de la cathédrale. Ce servant d’autel avait été rapidement interpellé, le lendemain, dans un foyer nantais, par l’antenne de police judiciaire de Nantes, saisie de l’enquête ouverte pour « incendie volontaire ».

Des « contradictions » étaient en effet apparues dans le récit qu’il avait livré de sa soirée, selon le procureur. Au début de sa garde à vue, des difficultés s’étaient posées pour trouver un interprète. Cet homme, de nationalité rwandaise, avait seulement pu être entendu à partir du dimanche 19 juillet, avant que sa garde à vue soit levée, peu avant 23 heures ce soir-là. « Les points de contradiction qui étaient apparus ont été éclaircis. En l’état, il n’est pas impliqué dans la commission des faits », avait alors déclaré Pierre Sennès.

Nouvelle garde à vue « à la suite des développements de l’enquête »

L’orgue monumental de la cathédrale de Nantes a été détruit lors de l’incendie.

Les choses semblent avoir changé depuis. Et la dizaine d’heures de garde à vue qui n’avait pas été utilisée le week-end dernier a permis aux enquêteurs de réentendre cet homme sept jours plus tard. « Ils devaient l’interroger sur des points complémentaires », a expliqué le procureur de la République samedi. « Les premiers résultats obtenus après le travail réalisé par le laboratoire central de préfecture de police de Paris nous amènent à privilégier l’acte criminel. Cette personne a été placée en garde à vue à la suite des développements de l’enquête et des constatations de police technique et scientifique », a-t-il ajouté, sans vouloir entrer davantage « dans les éléments de l’enquête ».

« L’infraction visée dans le réquisitoire introductif du parquet est punie d’une peine de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende », a précisé le procureur dans un communiqué. « Les décisions prises par le juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention seront connues en fin de soirée (samedi 25 juillet) et donneront lieu à une communication ultérieure. »

L’avocat du suspect, Me Quentin Chabert, n’a pas pu être joint samedi soir. Son client, sans antécédent judiciaire, conteste les faits qui lui sont reprochés, selon Pierre Sennès.

Le grand orgue et le buffet d’orgue du XVIIe siècle ont été ravagés par les flammes, ainsi qu’un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle, une partie des stalles du chœur, qui étaient récentes, et les vitraux de la façade, dont une partie était des vestiges de vitraux du XVIe siècle. Les premiers travaux de sécurisation de la plate-forme sur laquelle se trouvait le grand orgue et de la verrière et ont été menés cette semaine.

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