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Hugo Huon, infirmier aux urgences de Lariboisière depuis 5 ans et membre du Collectif Inter-urgences, a réagi aux 12 mesures annoncées lundi 9 septembre par Agnès Buzyn pour résoudre le problème des urgences, dans une vidéo publiée sur le compte Twitter de jeunesmedecins.fr. Nous reproduisons ici in extenso ses propos, recueillis à l’issue de l’annonce de la ministre des Solidarités et de la Santé. Pour l’infirmier, les mesures annoncées se sont pas suffisantes. Il revient notamment sur l’attractivité des métiers soignants au sein du service public, qui comme on le sait aujourd’hui reste un élément crucial de toute réforme de santé.

Hugo Huon

En l’état et après discussion avec la mission nationale, le modèle d’infirmier de pratique avancée qui est donné pour les urgences, ce n’est pas vraiment de la pratique avancée. Hugo Huon.

Le constat est assez clair, a commenté Hugo Huon, que ce soit du côté du bed management, (donc les gestionnaires de lits, des personnes qui sont embauchées pour essayer de fluidifier le parcours à l’hôpital et trouver des lits plus facilement), ou que ce soit du côté des filières courtes gériatriques avec soit admission directe soit réorganisation des services d’urgences pour que [les gens] n’attendent plus 8 à 10h sur les brancards… globalement notre réponse est assez similaire pour tous les acteurs c’est à dire que c’est bien, ça existe déjà, ce n’est pas innovant. Mais pour ça encore faut-il des lits pour pouvoir mettre les malades dedans. Il y a d’autres discussions, par exemple l’évolution sur les métiers, les IPA qu’ils proposent aux urgences. En l’état et après discussion avec la mission nationale, le modèle d’infirmier de pratique avancée qui est donné pour les urgences, ce n’est pas vraiment de la pratique avancée. En fait, c’est un infirmier aux compétences élargies. Il n’y a pas un bond dans l’autonomie. Ce n’est pas un nouveau métier entre infirmier et médecin. C’est un infirmier qui a des compétences supplémentaires mais qui sont déjà permises par les protocoles de coopération à l’heure actuelle.

Particulièrement sur les missions nationales, il y a deux points importants à soulever. Un, c’est le refus de mettre le pied dans le médico-social et le social alors qu’on sait que la pauvreté et l’isolement favorisent le passage aux urgences. Donc on ne peut pas travailler sur l’amont sans réfléchir aux questions de pauvreté.

Le deuxième élément, c’est sur l’attractivité. Il y a cinq ans, on parlait des kinés en poste en tension, on parlait des ibodes, mais à l’heure actuelle, même les écoles d’aides-soignantes ont du mal à recruter et les infirmiers ont du mal à rester en poste dans le public puisqu’il n’y a plus tellement d’avantages à rester dans le public puisque les missions de service public s’effacent peu à peu devant les contraintes budgétaires. Donc il faut travailler sur l’attractivité. Il faut prendre des décisions politiques fortes. Il y a une vraie dilution des responsabilités à l’heure actuelle.

Ecoutez les arguments de Hugo Huon du collectif Inter-Urgences, réagissant aux 12 mesures pour la refondation des urgences d’Agnès Buzyn :

Infirmiers.com

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