Huawei : la levée des sanctions par l’administration Biden est de moins en moins probable

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Lorsque l’élection de Joe Biden a été confirmée, on savait que cela ne changerait pas grand-chose concernant la politique américaine vis-à-vis de la Chine. Cependant, en ce qui concerne Huawei, on avait cru comprendre que la nouvelle administration pourrait revoir la politique américaine vis-à-vis de ce géant des télécommunications.

Comme nous l’évoquions dans un précédent article, lorsqu’elle a été interrogée durant une audition au Sénat américain, Gina Raimondo, nommée par Joe Biden pour diriger le département du Commerce, avait indiqué qu’elle pourrait réévaluer la politique américaine concernant Huawei.

Tout en assurant qu’elle protègera les réseaux des États-Unis des équipements de Huawei et d’autres entreprises jugées non fiables, Raimondo a indiqué qu’en ce qui concerne la liste noire économique, elle pourrait « examiner la politique », consulter le sénat et l’industrie, ainsi que les alliés, et évaluer ce qui est le mieux pour la sécurité nationale et pour l’économie américaine.

Cela laissait supposer que tout en interdisant les équipements Huawei sur les réseaux américains, l’administration Biden pourrait lever les sanctions qui empêchent les sociétés américaines (et les sociétés étrangères qui utilisent des technologies ou équipements américains) de faire du commerce avec le constructeur chinois.

Mais malheureusement, les espoirs d’une amélioration de la situation de Huawei viennent peut-être de s’envoler. En effet, comme le rapporte Bloomberg, Gina Raimondo vient de faire une nouvelle déclaration concernant Huawei et les autres entreprises incluses dans la « Entity list » des États-Unis.

En réponse à une question écrite posée par des républicains du Sénat, celle-ci a indiqué qu’elle « comprend que » ces entreprises sont placées sur des listes parce qu’elles « présentent un risque pour la sécurité nationale des États-Unis ou les intérêts de la politique étrangère. »

« Je n’ai actuellement aucune raison de croire que les entités figurant sur ces listes ne devraient pas y figurer. Si cela est confirmé, j’attends avec impatience un exposé sur ces entités et d’autres sujets de préoccupation », a ajouté Raimondo.

Des sanctions qui affectent lourdement les smartphones Huawei

En tout cas, les sanctions imposées par Washington contre Huawei ont un impact considérable sur les smartphones du constructeur. En 2019, Huawei ambitionnait de devenir numéro un mondial.

Mais ensuite, l’ancienne administration Trump a annoncé ses sanctions contre le géant des télécommunications. Résultat : les sociétés américaines ont besoin de demander un permis pour faire du commerce avec Huawei.

Aussi, par exemple, Huawei n’a plus accès à la licence de Google pour les smartphones Android, et n’a plus la possibilité de préinstaller les services de Google, comme YouTube, Gmail, Google Maps, ou encore le Play Store, sur ses nouveaux smartphones.

Malgré ces sanctions, Huawei a pu continuer à vendre des smartphones utilisant la version open source d’Android. Et comme les services de Google ne sont pas utilisés en Chine, les ventes dans l’Empire du Milieu n’étaient pas affectées.

Cependant, en 2020, de nouvelles sanctions ont été annoncées. Et cette fois-ci, les USA exigent que les sociétés étrangères qui utilisent des technologies américaines ou des équipements américains demandent un permis pour faire du commerce avec Huawei. Ces nouvelles sanctions affectent la chaîne d’approvisionnement du constructeur.

En effet, celles-ci font que de nombreux fournisseurs non américains de Huawei doivent également demander l’autorisation de Washington pour continuer à lui vendre des composants pour smartphones. Par exemple, après l’entrée en vigueur de ces nouvelles sanctions, Huawei a évoqué une pénurie de processeurs Kirin pour ses appareils, puisque le fournisseur qui fabriquait ces processeurs est concerné par les sanctions.

On notera aussi qu’en 2020, Huawei a décidé de vendre sa marque Honor, ce qui permet à celle-ci de se libérer des sanctions contre Huawei, et de collaborer à nouveau avec Google. D’autre part, au dernier trimestre 2020, Huawei a observé une importante baisse de sa part de marché.

Sinon, il est à rappeler qu’avant la fin de son mandat, l’administration Trump a également annoncé des sanctions contre Xiaomi. Cependant, ces sanctions n’affectent pas les partenariats avec Google ou avec des fournisseurs, mais plutôt les investissements. Xiaomi a déjà déposé une plainte contre le gouvernement américain afin de tenter de faire lever ces sanctions.

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