Huawei fait l’objet de nouvelles accusations d’espionnage aux Pays-Bas

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Huawei fait l'objet de nouvelles accusations d'espionnage aux Pays-Bas

Rebelote. Alors que Huawei fait depuis plusieurs années maintenant l’objet d’accusations d’espionnage outre-Atlantique, c’est désormais du Vieux Continent que se font entendre les voix critiques vis-à-vis de la firme de Shenzhen. Le quotidien néerlandais De Volkskrant vient ainsi de lâcher une bombe en publiant un rapport peu amène pour le géant chinois, accusé d’avoir espionné les abonnés du plus grand opérateur national, en l’occurrence KPN, au tournant des années 2010.

A l’instar de Bouygues Telecom ou SFR en France, l’opérateur, qui comptait alors 6,5 millions d’abonnés, avait conclu un partenariat technologique avec Huawei pour déployer son réseau mobile. Selon le rapport établi par CapGemini et divulgué par la presse néerlandaise ce week-end, Huawei a alors pu être en mesure d’écouter les conversations et de mettre la main sur les données des clients de l’opérateur de « manière illimitée, incontrôlée et non autorisée », les équipes du géant chinois ayant en effet accès aux cœurs de réseau de l’entreprise néerlandaise.

De quoi permettre à la firme de Shenzhen, souvent accusée d’être le “Cheval de Troie” de Pékin dans les réseaux de télécommunications occidentaux, d’écouter nombre de conversations confidentielles, dont celles de l’ancien Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende (2002-2010). Et si le rapport est alors passé sous silence par la direction de l’opérateur, qui voit dans ses conclusions une menace pour sa pérennité, KPN prend finalement des mesures pour éviter que l’ensemble de son réseau mobile ne soit opéré par le géant chinois, lui préférant des constructeurs occidentaux, jugés plus sûrs.

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Huawei et KPN se défendent

Alors que ce rapport a finalement refait surface, l’opérateur se défend de toute intrusion de Huawei sur ses réseaux. « Il n’a jamais été constaté que des données clients ont été dérobées par Huawei sur nos réseaux, nos systèmes ou (que des numéros) ont été placés sur écoute », fait savoir l’opérateur. De son côté, le géant chinois a balayé ces accusations, déplorant la publication d’un « rapport donné aux services de renseignements néerlandais il y a plus de 10 ans ».

« Les employés de Huawei n’ont pas eu d’accès non autorisé au réseau et aux données de KPN, et n’ont pas extrait de données de ce réseau. Huawei a toujours travaillé avec l’autorisation explicite de KPN », défend également la direction de la firme de Shenzhen. Reste que ces allégations pourraient encore fragiliser la situation de Huawei sur le Vieux Continent, à l’heure où les opérateurs européens déploient leurs réseaux 5G. Le constructeur chinois a finalement été évincé du réseau de nouvelle génération du principal opérateur néerlandais, au profit d’Ericsson.

En France, la firme de Shenzhen se trouve également confrontée à la méfiance des autorités, malgré des investissements très importants dans l’Hexagone. Après avoir dépensé 840 millions d’euros dans le pays en 2020, le géant chinois a en effet indiqué vouloir commander pour plus de 4,2 milliards d’euros auprès de fournisseurs français au cours des quatre à cinq ans à venir. Ce qui n’empêche pas l’ANSSI et Matignon de pousser pour que les équipements siglés Huawei soient retirés des réseaux mobiles français d’ici à 2028.

Des accusations en cascade

Ce n’est pas la première fois que Huawei fait l’objet d’accusations pour des faits d’espionnage industriel. Placée sur la “liste noire” de Washington et confrontée à un embargo américain sévère, la firme de Shenzhen a été accusée début 2020 d’espionnage technologique par les autorités américaines.

Selon le ministère américain, les informations dérobées comprenaient des secrets commerciaux ainsi que des œuvres protégées par le droit d’auteur, comme le code source et les manuels d’utilisation de routeurs internet, la technologie des antennes et la technologie des tests de différents robots.

Pour Washington, ces techniques ont été couronnées de succès. Elles auraient en effet permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts de recherche et développement (R & D) et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. Celle-ci aurait de plus réinvesti les profits engrangés par ce vol de secrets industriels pour stimuler encore davantage sa croissance, y compris aux Etats-Unis.

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