Houston rend hommage à George Floyd pendant que Donald Trump réaffirme son soutien à la police – Le Monde

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Veillée en hommage à George Floyd, le 8 juin, à Houston (Texas).

Il est presque 19 heures, lundi 8 juin, et le cortège funèbre s’ébranle. Une escouade de policiers à moto escorte un convoi de véhicules au sein duquel a pris place le corbillard qui transporte le cercueil doré de George Floyd. De longues heures durant, des milliers de personnes ont bravé la chaleur pour venir saluer sa dépouille, exposée à l’intérieur de l’église Fountain of Praise, à Houston (Texas).

Mardi, après un office réservé à la famille et à des proches, elle reposera en fin d’après-midi dans un cimetière de la ville où se trouve déjà la tombe de la mère de celui dont la mort dramatique, le cou comprimé par un policier, a déclenché une vague de protestations sans précédent contre les violences perpétrées par les forces de l’ordre, aux Etats-Unis comme dans le monde entier.

L’air grave, Trimal Fischer regagne le parking en compagnie de trois amis vêtus de noir ou de gris. « Tout le monde était très ému, mais cette mort est aussi une source d’inspiration, c’est le sentiment qui a régné aujourd’hui », assure-t-il.

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« Nous obtiendrons justice »

Parmi la foule majoritairement afro-américaine, des proches sont venus rendre un dernier hommage à celui qui a passé à Houston une bonne partie de sa vie, partagée entre l’espoir d’une grande carrière sportive et la réalité de démêlés avec la police et la justice pour de petits délits. Des fresques murales ont fleuri depuis sa mort dans le quartier où il a vécu, et elles se sont déjà transformées en lieux de pèlerinage.

D’autres sont venus de plus loin, certains d’Etats voisins, encore choqués par les images de la longue agonie de Minneapolis (Minnesota) filmée par des témoins. Le chef de la police de la grande métropole texane, Art Acevedo, a fait le déplacement, tout comme le gouverneur républicain de l’Etat, Greg Abbott.

De nombreux Américains sont venus se recueillir devant la dépouille de George Floyd, dans l’église The Fountain of Praise, à Houston, le 8 juin.

« Je vous remercie tous d’être venus voir mon frère », a assuré Philonise Floyd dans l’après-midi. « Ça fait mal, mais nous obtiendrons justice. Nous l’obtiendrons. Nous ne laisserons pas cette porte se fermer », a-t-il assuré. Le pasteur baptiste Al Sharpton, figure de la lutte pour les droits civiques, a renchéri : « Nous allons enterrer George demain, mais le mouvement ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas obtenu justice. »

« Il est temps que les gens entendent, agissent et changent. Ce n’est pas une question de parti ou de persuasion politique. Toute personne décente devrait être contre cette conduite (de la police). »

A l’ombre des arbres qui entourent le complexe religieux, installé dans une banlieue verdoyante, Vivian Burley a disposé sur une table des formulaires d’inscription sur les listes électorales. « J’ai eu moi-même dans ma famille un jeune qui s’est fait tirer dans le dos par la police, assure-t-elle, on ne peut accepter que des vies soient emportées comme ceci, mais on sait bien que dans ce pays, manifester ne suffit pas. Pour compter, il faut voter », martèle-t-elle, appuyée par deux amies, Annette Sanford et Stephanie Brown.

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