Hong Kong : Une nouvelle législation pourrait perturber les géants d’internet

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Hong Kong : Une nouvelle législation pourrait perturber les géants d'internet

Image : Estial Photography.

Un groupe industriel asiatique comprenant Apple, Facebook, Google, LinkedIn et Twitter a averti que les entreprises technologiques pourraient cesser de proposer leurs services à Hong Kong, si cette dernière poursuit ses projets de modification des lois sur la protection de la vie privée et la divulgation de données personnelles, aussi appelée “doxing”.

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Des inquiétudes sur l’interprétation possible de cette législation

Le groupe, Asia Internet Coalition (AIC), a envoyé cette lettre au cours du week-end. Les entreprises y déclarent conjointement être préoccupées par les changements législatifs proposés, qui visent à lutter contre le doxing, car ces amendements pourraient potentiellement avoir une interprétation trop large, selon laquelle même des actes innocents de partage d’informations en ligne pourraient être considérés comme illégaux, rapporte le Wall Street Journal.

« La proposition actuelle semble indiquer que la recherche, l’agrégation, la consolidation et la republication d’informations personnelles qui sont déjà disponibles dans le domaine public (en supposant qu’aucune restriction d’utilisation n’ait été fixée) constitueront une infraction de doxing, sans aucune exemption », avertit Jeff Paine, directeur général de l’AIC.

L’AIC ajoute que les amendements, s’ils sont introduits, feront également courir au personnel de ces entreprises le risque d’être emprisonné, tout en rendant les plateformes numériques vulnérables aux enquêtes criminelles pour les messages de doxing publiés par les utilisateurs de ces plateformes.

Quitter Hong Kong, une solution ?

Dans sa lettre, Jeff Paine affirme que le fait de soumettre les plateformes numériques et leurs filiales locales à des enquêtes criminelles et à des poursuites pour des infractions de doxing, en vertu des amendements proposés, constituerait une « réponse complètement disproportionnée et inutile au doxing ».

Il ajoute que ces plateformes sont « neutres », qu’elles n’ont aucun contrôle éditorial sur les messages de doxing et que ce ne sont pas elles qui publient des données personnelles.

« Introduire des sanctions visant des individus n’est pas aligné sur les normes et les tendances mondiales », écrit-il dans la lettre. « La seule façon d’éviter ces sanctions, pour les entreprises technologiques, serait de s’abstenir d’investir et de proposer des services à Hong Kong, ce qui priverait les entreprises et les consommateurs de Hong Kong, tout en créant de nouvelles barrières commerciales. »

Un secteur scruté sur les questions de données personnelles

Les amendements à l’ordonnance sur les données personnelles (de confidentialité) ont été proposés par le Bureau des affaires constitutionnelles et continentales de Hong Kong en mai. Ce dernier affirmait alors que le doxing devait être abordé, en raison de sa prévalence contre les membres du gouvernement cherchant à introduire un projet de loi d’amendement sur l’extradition qui a conduit aux manifestations de 2019 à Hong Kong. Les propositions concernant le doxing prévoient des peines pouvant aller jusqu’à 1 million de dollars hongkongais, et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

Au cours du week-end, Didi Global a été retiré des magasins d’applications en Chine continentale, suite à un ordre du gouvernement. Cette mesure a été prise quelques jours après que la populaire application chinoise de covoiturage a fait son entrée à la Bourse de New York.

Dimanche, l’administration chinoise du cyberespace accusait en effet l’application Didi de violer les réglementations régissant la collecte et l’utilisation des données personnelles. Elle a ordonné le retrait de l’application des magasins d’applications locaux, et demandé à Didi de rectifier les « problèmes existants » et de « protéger efficacement » les données personnelles de ses utilisateurs. L’agence gouvernementale n’a toutefois pas donné de détails sur la nature de ces problèmes, ni sur la manière dont l’application violait les lois locales.

Source : ZDNet.com

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