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Un embargo complet sur les hydrocarbures russes est impossible pour l’Europe, déclare Barbara Pompili

La ministre française de la transition écologique, Barbara Pompili, qui s’exprimait aujourd’hui au titre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE), lors d’une visite à l’ONU à New York, a confirmé que les Vingt-Sept allaient prendre « des mesures très lourdes, puisque d’ici la fin de l’année [on doit] réussir à se passer des deux tiers de nos importations » de gaz russe.

Elle a fait valoir que l’UE ne pourrait pas imposer d’embargo complet sur leurs importations d’hydrocarbures russes, comme l’ont décrété les Etats-Unis. Le Royaume-Uni s’y est, lui, engagé à y parvenir d’ici la fin de l’année.

D’après Mme Pompili, qui doit rencontrer jeudi à Washington la ministre de l’énergie Jennifer Granholm, « le président Biden a dit lui-même que la situation aux Etats-Unis et en Europe n’était pas comparable et qu’il n’entendait pas nous demander de prendre le même genre de décision ».

Le pétrole russe ne représente que 8 % des importations américaines et les Etats-Unis n’importent pas de gaz de Russie. L’UE, bien plus dépendante, n’est pas prête à les suivre.

Pour réduire la dépendance européenne – la Russie représente 45 % des importations européennes de gaz et de charbon et 25 % de celles de pétrole – sans mettre en péril l’économie des pays les plus exposés, Bruxelles a proposé aux Vingt-Sept de diversifier leurs approvisionnements, gonfler leurs réserves et diminuer leur consommation d’énergie.

La feuille de route sera discutée jeudi et vendredi par les chefs d’État et de gouvernement réunis en sommet à Versailles. Ils devraient s’engager à « sortir de [leur] dépendance aux importations de gaz, pétrole et charbon russes », mais sans calendrier, selon un projet de conclusions consulté par l’AFP.

« Cette crise géopolitique va durer et c’est pour cela (…) que prendre des mesures qui auraient un impact très lourd tout de suite sur nos économies risque de déstabiliser nos sociétés », a encore averti Mme Pompili pour qui « on ne peut pas passer de 40 % à rien en cinq minutes ».

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