Guerre en Ukraine, jour 36 : journée d’évacuations à Marioupol, les séparatistes gagneraient du terrain à l’est – La Croix

► Les premières évacuations vont commencer à Marioupol

Au 36e jour de l’invasion russe, Kiev a envoyé jeudi 45 bus pour évacuer les civils bloqués dans la ville portuaire de Marioupol (sud-est), après que la Russie a annoncé l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu pour permettre la mise en place d’un couloir humanitaire vers la ville de Zaporijjia, contrôlée par l’armée ukrainienne.

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Dans la matinée, dix-sept autocars étaient en route vers Marioupol et vingt-huit autres attendaient un laissez-passer russe pour franchir un pont proche de la ligne de front. De son côté, la Croix-Rouge s’est dite prête à diriger les opérations d’évacuations de la journée de vendredi « à condition que toutes les parties s’accordent sur les termes exacts, y compris l’itinéraire, l’heure de début et la durée ».

« Nous équipes sont en route avec des équipements et du matériel médical pré-positionnés pour être prêts à faciliter le passage en sécurité des civils hors de Marioupol », a souligné le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le ministère russe de la défense avait proposé mercredi soir un « régime de silence », soit un cessez-le-feu local, à partir de 10 h 00 jeudi (11 heures à Paris) dans le port assiégé et pilonné afin d’évacuer des civils. Quelque 160 000 civils seraient encore bloqués dans la ville bombardée en continu par l’armée russe depuis plusieurs semaines. Selon une estimation, au moins 5 000 civils auraient été tués dans la ville.

► Les troupes russes et séparatistes revendiquent d’importants gains militaires

Le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, dont des milliers d’hommes combattent à Marioupol, a assuré jeudi que 90 à 95 % de la cité portuaire stratégique étaient désormais sous contrôle russe. Selon lui, les derniers défenseurs ukrainiens sont retranchés dans l’usine métallurgique Azovstal, située dans l’est de la ville. Les combats se poursuivent cependant dans le centre-ville.

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Les séparatistes pro-russes du Donbass ukrainien ont affirmé jeudi qu’elles contrôlent la quasi-totalité de la région de Louhansk et plus de la moitié de celle de Donetsk. « Au 31 mars 2022, au matin, plus de 90 % du territoire de la République populaire de Louhansk a été libéré », a indiqué un responsable de ce territoire.

Denis Pouchiline, dirigeant des séparatistes de Donetsk, avait pour sa part assuré mercredi qu’« environ 55 à 60 % » du territoire de la région ukrainienne éponyme était sous contrôle russe. Avant le déclenchement de l’offensive russe le 24 février, les séparatistes, en guerre contre les forces ukrainiennes depuis 2014, contrôlaient environ un tiers de chacune de ces régions.

► Des soldats russes quitteraient la centrale de Tchernobyl

Les forces russes commencent à se retirer du site nucléaire de Tchernobyl, dont elles avaient pris le contrôle dès le premier jour de l’invasion de l’Ukraine le 24 février, a indiqué mercredi un haut responsable du Pentagone. L’armée russe s’est aussi repliée en dehors de l’aéroport de Gostomel, au nord-ouest de Kiev.

« Tchernobyl est une autre zone où ils commencent à se repositionner, quittant Tchernobyl pour aller en Biélorussie », a déclaré à la presse un haut responsable américain ayant requis l’anonymat. « Nous pensons qu’ils sont en train de partir, je ne peux pas vous dire s’ils sont tous partis », a-t-il ajouté.

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Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a par ailleurs indiqué que « moins de 20 % » des forces russes dont l’avancée sur Kiev a été empêchée par la résistance ukrainienne « commençaient à se repositionner » en direction de la Biélorussie.

► Vladimir Poutine serait mal conseillé selon les Américains

Les conseillers du président russe Vladimir Poutine« ont peur de lui dire la vérité » sur sa stratégie de guerre « défaillante » en Ukraine, a affirmé jeudi le directeur des renseignements britanniques.

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« Nous avons vu des soldats russes – à court d’armes et le moral en berne – refuser d’exécuter les ordres, saboter leur propre équipement et même abattre accidentellement leur propre avion », a énuméré le directeur de l’agence de renseignement britannique GCHQ Jeremy Fleming. « Et même si les conseillers de Poutine ont peur de lui dire la vérité, ce qui se passe et l’ampleur de ces erreurs d’appréciation doit être parfaitement claire pour le régime », a-t-il estimé.

► Les PIB russe et ukrainien pourraient chuter lourdement

L’économie de l’Ukraine devrait se contracter de 20 % cette année à cause de l’invasion du pays par la Russie. Moscou verra de son côté son PIB plonger de 10 %, d’après des prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) publiées jeudi.
Avant la guerre, la Berd anticipait une croissance de 3,5 % en 2022 pour l’Ukraine et de 3 % pour la Russie.

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