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A Prague, l’UE peaufine sa stratégie face au « missile énergétique » de Poutine

Les dirigeants de l’Union européenne (UE), réunis à Prague vendredi 7 octobre, ont esquissé les grandes lignes d’une réponse commune contre la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine.

« La Russie a tiré un missile énergétique sur le continent européen », a souligné Charles Michel, le président du Conseil européen, qui représente les Etats membres. Les Vingt-Sept « partagent une ambition commune de faire baisser les prix des ressources énergétiques », a-t-il dit. Mais ils sont divisés sur les moyens et il y a urgence à trouver des compromis qui allégeront le fardeau économique des citoyens et des entreprises de l’UE.

L’économie du Vieux Continent dépend énormément de ses importations d’hydrocarbures et souffre durement des coupures de livraisons imposées par la Russie. Mais elle peine à trouver une parade commune, tant les intérêts divergent entre les pays qui misent sur le nucléaire comme la France, ceux qui comptent sur le charbon comme l’Allemagne, ou ceux qui sont historiquement liés aux hydrocarbures russes en Europe centrale.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné que l’UE était d’ores et déjà « beaucoup mieux préparée pour affronter l’hiver ». Les Européens ont pris des mesures pour limiter leur consommation d’énergie et diversifier leurs approvisionnements. La part du gaz importé de Russie a chuté de 41 % avant le déclenchement de la guerre en février à 7,5 % aujourd’hui, a-t-elle souligné.

Il y a un « large soutien » des Vingt-Sept pour mettre en place d’ici au printemps des achats groupés de gaz afin de renforcer le pouvoir de négociation des Européens, a-t-elle dit. La cheffe de l’exécutif européen a aussi réitéré ses différentes pistes pour faire baisser les factures de gaz : négocier des corridors de fluctuation des cours avec les fournisseurs amicaux de l’UE, explorer des moyens de limiter les prix du gaz pour éliminer les pics liés notamment à la spéculation, et découpler les prix de l’électricité de ceux du gaz.

Elle a également insisté sur la nécessité de « préserver le marché unique », après le tollé provoqué la semaine dernière par le plan de 200 milliards d’euros de Berlin pour protéger son économie. Plusieurs dirigeants ont critiqué un cavalier seul de l’Allemagne, qui menace la cohésion européenne. La puissance budgétaire de la première économie européenne et sa capacité à financer un solide bouclier, risque d’avantager les entreprises allemandes au détriment de leurs concurrentes des autres pays.

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