Grottes, reliefs escarpés… Pourquoi la traque du fugitif dans les Alpes-Maritimes est complexe – BFMTV

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Soupçonné de meurtre, Marc Floris est activement recherché depuis dimanche. L’homme s’est évanoui dans l’arrière-pays niçois, une zone difficilement praticable pour les gendarmes.

La traque dure déjà depuis près de 48 heures dans les Alpes-Maritimes. Marc Floris a pris la fuite après avoir tiré sur un gendarme, sans le blesser, alors qu’il était interrogé sur la mort de Doriane Ragon. La jeune femme a été tuée d’une balle dans la tête dans la nuit de samedi à dimanche au Plan-de-La-Tour, commune située au-dessus du golfe de Saint-Tropez, dans le Var voisin.

Les soupçons se sont rapidement portés sur Marc Floris, identifié sur les enregistrements des caméras de surveillance de la résidence de la victime, avec qui “il entretenait ou avait entretenu une relation”, a précisé le procureur adjoint de la République de Draguignan.

“Un site difficile d’accès”

Originaire de Gréolières, dans les Alpes-Maritimes voisines, le suspect s’est engouffré dimanche matin dans l’arrière-pays niçois, quadrillé depuis deux jours par les forces de gendarmerie. “D’importants moyens sont encore mobilisés pour tenter de retrouver” le fugitif, a souligné ce mardi matin Jean-Michel Doose, adjoint au commandant du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes, lors d’un point presse.

Les gendarmes en intervention dans les montagnes autour de Gréolières, dans les Alpes-Maritimes, le 19 juillet 2021.
Les gendarmes en intervention dans les montagnes autour de Gréolières, dans les Alpes-Maritimes, le 19 juillet 2021. © NICOLAS TUCAT / AFP

“Près de 200 gendarmes sont engagés, du GIGN, des unités territorialement compétentes, de la section de recherche de Marseille, des gendarmes mobiles, des chiens, des hélicoptères”, énumère au micro de BFMTV le commandant du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes, Nasser Boualam.

La zone sur laquelle travaillent les forces de l’ordre est complexe car elle s’étend sur “une superficie importante qui est pentue, boisée. Il s’agit d’un relief escarpé, ce qui accroit la difficulté”. On y dénombre environ 90 grottes et des talwegs: “C’est un site difficile d’accès”, détaille le gendarme.

“Il connaît très bien le coin”

“On a déterminé un bouclage et aujourd’hui on entre spécifiquement dans le détail, dans la reconnaissance de ce terrain vaste et escarpé avec des moyens adaptés”, ajoute Jean-Michel Doose.

La traque est d’autant plus difficile que Marc Floris est un enfant de la région. Il connaît bien les secteurs et ses recoins, “il y a joué quand il était petit”, souligne le maire de Gréolières, Marc Malfatto.

“C’est un fils de chasseur et tout jeune il a été initié à la chasse avec des gens du village. Il connaît très bien le coin et c’est pour ça que je souhaite bien du courage aux gendarmes… Il a de quoi brouiller les pistes”, commente à l’AFP un couple habitant dans le village.

Patience

Le commandant du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes se dit conscient de la complexité de l’opération mais assure que “le temps fera son affaire”.

“Nous travaillons de façon méthodique, cela nous permettra de le localiser et de le neutraliser. On est patients. Je veux rassurer la population, on tient notre secteur de manière très sûre”, affirme Nasser Boualam.

Patience et endurance semblent donc être les maîtres-mots pour venir à bout de cette chasse à l’homme. Pour l’ancien commandant du centre national de formation de la police judiciaire, Jacques Fombonne, “dans une telle situation on se fatigue vite, il fait chaud, on manque d’eau”. Selon ce spécialiste, le temps joue donc “un peu en faveur des forces de l’ordre”.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV

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