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Grèves dans les transports : ce qui vous attend lundi – Le Figaro

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Après deux ans et demi de concertation, d’annonces, de pistes et de bras de fer, l’exécutif va enfin révéler mercredi les contours de sa réforme des retraites. En face, les syndicats promettent de maintenir la pression, voire de l’accentuer, pour forcer le gouvernement à abandonner ses projets. Dimanche, le patron de la CGT, Philippe Martinez, a prévenu que les opposants «tiendront jusqu’au retrait» de la réforme, et a appelé Matignon à reculer, citant l’exemple de 1995 : Alain Juppé «avait dit que jamais il ne retirerait son projet. Les choses évoluent vite», a-t-il menacé. Conséquence de la mobilisation : les transports et services risquent d’être fortement touchés par la grève qui va se poursuivre, lundi 9 décembre. Nous faisons le point pour vous aider à planifier votre journée.

À voir aussi – «Les voies réservées aux bus et taxis seront ouvertes» au covoiturage, annonce Élisabeth Borne

SNCF

Le groupe ferroviaire prévoit un trafic «fortement perturbé», lundi, à tel point qu’il recommande à ses usagers de «reporter leur déplacement». Après un jeudi et vendredi relativement calmes sur son réseau, les voyageurs ayant anticipé les gênes, le retour au travail lundi matin s’annonce délicat. La mobilisation des cheminots à la SNCF est élevée : le taux de participation à la grève atteignait 55,6% jeudi, et 31,8% vendredi. Ce weekend, Sud-Rail, l’UNSA et la CGT ont appelé les cheminots à «amplifier le mouvement», dès lundi.

Dans le détail, l’entreprise s’attend à une légère amélioration, un TGV seulement sur cinq circulant sur son réseau. La SNCF annonce un Ouigo sur six et un TGV sur six sur l’axe est, un train sur quatre sur les axes nord et Atlantique et un sur cinq sur l’axe sud-est.

A l’international, deux Eurostar sur trois circuleront, 3 Thalys sur 5, et il y aura deux aller-retour Lyria vers la Suisse. Un niveau «assez faible», commente l’entreprise. Aucune circulation n’est prévue vers l’Italie et l’Espagne. A l’inverse, l’Allemagne a aussi un train sur cinq.

Pour les TER, trois liaisons sur dix seulement seront effectives, «essentiellement assurées par bus».

Carte fournie par la SNCF des liaisons TER pour lundi SNCF

Côté Intercités, la circulation restera à un niveau «très bas», un sur cinq pour le trafic de jour et aucun train la nuit. La SNCF est toutefois parvenue à établir quelques dessertes supplémentaires, dont un Bordeaux-Marseille et un Paris-Nevers.

En Île-de-France, lundi, «le nombre de trains […] ne permettra pas d’accueillir le nombre de clients habituels». Un Transilien sur cinq seulement sera disponible. Cette inadéquation risque d’entraîner une affluence «très dangereuse» et une «saturation» importante : la SNCF recommande donc aux passagers d’éviter de se rendre dans les gares franciliennes, pour limiter les risques. Dimanche, la SNCF a précisé qu’Île-de-France Mobilités, l’autorité contrôlant les transports dans la région, allait offrir le covoiturage pour pallier le manque de trains. Lundi, «ce sera pire» que vendredi, a prévenu le directeur général de Transilien, Alain Krakovitch. Cité par Le Parisien, le responsable explique ne «pas vouloir faire prendre de risques aux voyageurs». Il leur recommande donc de ne pas se rendre en gare, un conseil qui sera aussi «valable pour mardi et mercredi inclus».

De plus, la SNCF a déployé 1000 «gilets rouges», ces volontaires guidant les usagers, dans ses gares. Elle conseille également de consulter ses systèmes d’information – application, site internet, écrans en gare, réseaux sociaux – pour prévoir au mieux ses trajets.

RATP

Pour la régie autonome, le constat est tout aussi alarmant qu’à la SNCF : le trafic sera «extrêmement perturbé» dans les prochains jours, avec un « fort risque de saturation » dans les rares transports qui circuleront. La grève avait été reconduite dès jeudi soir, jusqu’à lundi soir inclus au moins. La RATP «invite tous les voyageurs qui en ont la possibilité à différer leurs déplacements ou à privilégier un autre mode de transport». Elle présente «ses excuses à l’ensemble des voyageurs», et déploie 600 agents vêtus d’un gilet vert pour informer ses clients.

La RATP prévoit un RER A sur deux, et un RER B sur trois, avec une interconnexion suspendue à Gare du nord. Le réseau ne sera actif, sur ces lignes, qu’entre 6h30 et 9h30 puis 16h30 et 19h30.

La situation restera également compliquée dans les métros : le Orlyval, la 1 et la 14, automatisées, fonctionneront normalement, avec un risque de saturation en heures de pointe. En revanche, les lignes 4 et la 7 ne desserviront que certaines stations, avec un train sur trois, quand les lignes 8 et 9 n’auront qu’un train sur trois pour la première et un sur deux pour la seconde. Ces quatre lignes ne fonctionneront qu’en heures de pointe. Le trafic sera interrompu sur les lignes 2, 3, 3 bis, 5, 6, 7 bis, 10, 11, 12 et 13.

Pour les tramways, les lignes 2, 3b, 6, 8 et 7 seront ouvertes toutes la journée, avec un nombre de trains réduits. En revanche, la 3a et la 1 ne seront ouvertes que de 5h30 à 12h puis 14h30 22h pour la première, et de 5h30 à 9h30 puis 15h30 à 19h30 pour la seconde, avec moins de trains. La ligne 5, enfin, ne prendra des passagers que de 6h à 9h30 puis 16h30 à 20h, avec un tramway sur deux seulement.

Enfin, côté bus, la RATP prévoit plus d’un bus sur deux sur l’ensemble de son réseau. Mais, ceux qui circulent sont souvent plein.

Routes : gare aux bouchons !

Après un jeudi plus calme que la moyenne, les routes d’Île-de-France risquent d’être engorgées, lundi. Vendredi, samedi et dimanche, le trafic a été particulièrement intense, les bouchons ont atteint des niveaux bien au-delà de la normale. «La circulation sera très difficile sur l’ensemble des axes de la région Île-de-France, notamment aux heures de pointe, et restera chargée aux heures creuses», avertissait Sytadin samedi. Vendredi, plus de 580 kilomètres de bouchon avaient été relevés dans la région, un niveau trois fois plus élevé que la moyenne. Dimanche soir, Sytadin relevait déjà plus de 200 kilomètres de bouchon en Île-de-France, bien au-delà de la normale. Dans le reste du pays, Bison futé ne relève aucune complication particulière.

Les transports alternatifs mis en avant

Face aux difficultés que rencontreront de nombreux usagers pour se déplacer, en particulier en Île-de-France, plusieurs pistes ont été mises en avant par l’exécutif. La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a conseillé aux Français de recourir aux moyens de transports alternatifs, en faisant par exemple appel aux solutions de partenariats de la SNCF ou aux mesures prévues par les autorités comme la RATP ou la région Île-de-France, qui propose aux voyageurs d’utiliser le covoiturage gratuitement, et subventionne les chauffeurs pour leur trajet, en fonction de la distance parcourue.

Dimanche, la ministre a indiqué que les voies normalement réservées aux transports en commun ainsi qu’aux taxis seront ouvertes lundi au covoiturage, pour encourager ce mode de transport, avec l’appui de la région francilienne, également. Cette mesure s’appliquera «à partir de trois personnes dans la voiture», à partir de 5h du matin. Elle aura lieu sur les grands axes qui arrivent à Paris, comme l’A1, l’A6A, l’A10 et l’A12, a précisé son collègue chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Elle ne s’appliquera cependant pas dans la capitale, où «plus de 50% du service de bus est assuré».

En parallèle, le gouvernement a également demandé aux groupes de VTC de «ne pas majorer exagérément leurs tarifs» pendant les grèves, ce qui pourrait faire s’envoler les prix avec la demande. «Je pense qu’ils ont entendu le message», a précisé Elisabeth Borne.

«Pas d’amélioration» prévue mardi

De plus, la situation devrait rester difficile mardi, compte tenu de la journée de mobilisation interprofessionnelle annoncée par les syndicats. La SNCF ne s’attend pas à des améliorations, et le groupe invite ses usagers à «vérifier les horaires avant de se rendre en gare». L’entreprise déterminera également les «niveaux d’indemnisation» pour ses clients ayant pris des abonnements «quand [elle saura] le niveau de gêne occasionné pour les clients».

Même constat mitigé pour la RATP, qui prévoit un trafic «extrêmement perturbé» mardi, avec une offre «similaire à celle du lundi 9 décembre sur les réseaux métro et RER». Les voyageurs devront donc prendre leur mal en patience.

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