GPT3 : OpenAI cède sa licence à Microsoft

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GPT3 : OpenAI cède sa licence à Microsoft

A l’occasion de la conférence Ignite, Microsoft et OpenAI ont annoncé mardi un partenariat exclusif permettant à Microsoft de bénéficier du modèle GPT3 (Generative Pre-trained Transformer) sous licence et de l’exploiter dans le cadre de ses produits commerciaux. Cet accord fait de Microsoft le seul acteur capable d’accéder au plein potentiel du modèle linguistique de GPT3.

« Aujourd’hui, je suis très heureux d’annoncer que Microsoft s’associe à OpenAI pour octroyer une licence exclusive à GPT3, ce qui nous permet de tirer parti de ses innovations techniques pour développer et fournir des solutions d’intelligence artificielle avancées à nos clients, ainsi que pour créer de nouvelles solutions qui exploitent le puissance incroyable de la génération avancée de langage naturel », écrit dans un post de blog Kevin Scott, CTO de Microsoft.

Cet accord est issu de l’engagement de Microsoft en faveur d’OpenAI, qui s’était déjà traduit par un accord annoncé l’année dernière, au mois de juillet 2019. Microsoft s’était engagé à soutenir financièrement le projet OpenAI à hauteur d’un milliard de dollars. L’accord prévoyait également de faire de Microsoft un partenaire privilégié pour le développement d’OpenAI, ce qui en faisait déjà son fournisseur de cloud par défaut. Azure était donc le moyen privilégié par OpenAI pour fournir la puissance de calcul nécessaire à l’entraînement de son modèle linguistique. Microsoft a d’ailleurs annoncé le développement d’un superordinateur entièrement dédié au développement et à l’entraînement du modèle GPT3.

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Winner takes all

Dans la continuité de cet accord, Microsoft pourra donc bénéficier de la version complète du modèle linguistique GPT3. Si les prouesses de GPT2 en ont surpris plus d’un, les versions proposées au grand public et aux chercheurs étaient dans un premier temps des versions bridées du modèle, entraînées sur un corpus bien moindre que la version développée en interne par OpenAI. Une version complète du modèle n’a été présentée qu’en novembre 2019.

Avec la nouvelle version du modèle GPT3, OpenAI a choisi de proposer un accès à son modèle sous forme d’API commerciale, plutôt que d’ouvrir les sources de GPT3 au grand public. Sur une page de son site, l’organisation s’explique : le choix d’une API lui permet notamment de monétiser son modèle, de mieux contrôler les possibles usages malveillants et de permettre à des entreprises de tailles plus modestes de profiter de la puissance du moteur GPT3. Cette API est aujourd’hui considérée comme une version bêta ouverte de GPT3, accessible aux partenaires et aux chercheurs.

En devenant partenaire exclusif d’OpenAI, Microsoft bénéficiera donc de l’accès au modèle entier et non uniquement à l’API proposée par OpenAI, ce qui lui permettra de modifier et de customiser le modèle et le corpus utilisés pour son entraînement, voire de l’intégrer au sein de ses produits. Microsoft ne s’est pas encore prononcé sur les applications concrètes de GPT3 et la façon dont celui-ci s’intégrera dans la gamme de produits Microsoft. Kevin Scott évoque néanmoins dans son post de blog la possibilité « d’aider directement la créativité humaine et l’ingéniosité dans des domaines comme l’écriture et la composition, décrire et résumer de gros blocs de données longues (y compris le code), convertir un langage naturel en un autre langage – les possibilités ne sont limitées que par les idées et les scénarios que nous apportons ». Au vu des récentes démonstrations présentant la capacité de GPT3 à produire du code à partir d’une description en langage naturel, on imagine très bien la façon dont Microsoft pourrait intégrer cette technologie, par exemple au sein d’un environnement de développement comme Visual Studio.

Un gros chèque et on oublie tout

Si certains ont salué la “prudence” d’OpenAI quand le groupe a expliqué vouloir garder son modèle en interne, plusieurs chercheurs en intelligence artificielle ont critiqué le choix de l’organisation, fustigeant une volonté de garder hors de portée du public le fonctionnement de son outil. L’accord passé avec Microsoft montre que bien loin des prétentions éthiques des premières heures, les choix guidant le développement de GPT3 sont aujourd’hui avant tout guidés par les perspectives commerciales d’exploitation du modèle. De la même manière, l’organisation OpenAI a créé en février 2019 OpenAI LP, une filiale à but « lucratif plafonné », qui vise à rétribuer les investisseurs et employés de la fondation OpenAI.

OpenAI n’est pas le seul à garder jalousement le secret de ses algorithmes : Deepmind, son principal concurrent, n’ouvre pas non plus le code source de ses projets. C’est notamment le cas du modèle AlphaGo, qui a fait les gros titres en 2016. La filiale d’Alphabet a au moins le bon goût de ne pas s’être baptisé “Openmind”, mais la logique reste ici la même : l’intérêt commercial prime sur le partage des connaissances.

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